Coup de tonnerre hier à l'Assemblée de Corse : Ange Santini, président UMP de l'exécutif Corse, a annoncé le retrait de l'ordre du jour du projet Padduc (plan de l'aménagement et de développement durable).
Le projet, élaboré par le Conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Corse (CTC), porte sur les grands objectifs de développement économique, social, et culturel de l'île, d'aménagement du territoire et de protection de l'environnement, pour les 20 années à venir.
Très controversé, ce projet devait initialement être examiné en février. Il a été reporté au 12 mars, puis à la mi-avril, et de nouveau au 15 juin. Finalement, Ange Santini a annoncé que le projet sera présenté « au peuple au moment des élections territoriales de mars 2010 ».
Pourquoi ce nouveau report ?
Les associations de défense de l'environnement et les nationalistes (indépendantistes et autonomistes) reprochent aux auteurs du projet de vouloir modifier les limites des sites protégés de l'île de Beauté pour livrer aux promoteurs ses rives encore vierges.
Or, la droite, qui dirige l'Assemblée de Corse depuis avril 2004, ne dispose que d'une majorité relative d'une vingtaine de sièges sur 51.
« Si nous étions devant un tribunal, nous pourrions dire que le verdict est déjà rendu avant même le début de l'audience », affirme M. Santini à la tribune.
« Les dés étaient pipés dès le départ; ça ne pouvait pas passer compte tenu des positions des uns et des autres, annoncées avant même le débat », ajoute t'il ensuite.

Réactions à l'Assemblée de Corse
L'annonce de retrait a été accueillie dans l'hémicycle par un véritable tollé, tous les groupes politiques d'opposition protestant contre cette « entrave à la démocratie ».
Pour les opposants au projet, qui avaient pour la plupart annoncé de longue date leur intention de voter contre le texte, cette attitude est « peu courageuse ». Selon eux, la majorité UMP a « au dernier moment, a retiré son texte de peur d'essuyer un vote négatif ».
L'élu autonomiste Edmond Simeoni a dénoncé « des agissements d'une gravité extrême, un coup de Trafalgar, un tour de passe-passe visant à empêcher les élus de s'exprimer, de donner leur point de vue ».