Les substances chimiques des rivières perturbent la sexualité des poissons et ont un impact important sur leur reproduction. L'Institut national de l'environnement et des risques (Ineris) s'est efforcé de déterminer ces perturbations, en mettant au point des outils d'analyse.
La mise au point de ces outils, fondés sur l'identification de marqueurs biologiques, est rendue indispensable par les réglementations récentes comme Reach (produits chimiques) ou la Directive Cadre Eau (DCE), a souligné l'Ineris lors d'un point presse jeudi.
Pour vérifier l'applicabilité de ces outils, l'Inris a testé l'état de trois rivières, la Lézarde (Seine maritime), site de référence pour sa qualité, le Réveillon (Essonne), qui s'est avéré de très mauvaise qualité, et la Rhonelle, de qualité moyenne.

Des poissons mâles de plus en plus féminins !
Le système endocrinien sécrète les hormones régulant ou contrôlant nombre de fonctions du corps, dont celles de la reproduction. Pour mesurer le rôle des perturbateurs, l'Ineris a travaillé in vivo, avec des poissons, et in vitro, avec des cultures cellulaires de poisson et d'homme.
Les chercheurs, explique Eric Thybaud, du pôle « dangers et impact sur le vivant » de l'Ineris, ont identifié plusieurs "biomarqueurs" révélateurs de perturbations sexuelles des poissons.
Ils ont pu ainsi constater, par exemple, que trois poissons mâles sur 20 de la Seine, dans la région de Gisors, présentaient un taux notable d'un biomarqueur, la vitellogenine, qui a les mêmes effets que les hormones féminisants et que ne synthétisent que... les poissons femelles.
A travers la perturbation endocrinienne des poissons, ils ont pu aussi constater la présence de substances chimiques non identifiées, côtoyant d'autres bien connus, comme le Bisphenol A.