Une dérogation offerte à la Pologne par la présidence française de l'UE afin d'emporter l'adhésion de Varsovie au plan européen pour le climat a reçu un accueil réservé du gouvernement polonais.
La dérogation profite aux compagnies et non aux consommateurs
"Nous avons reçu une proposition de la présidence française et nous comprenons que c'est un premier pas dans les négociations", a déclaré à l'AFP Mikolaj Dowgielewicz, ministre polonais aux Affaires européennes.
La proposition consiste à accorder gratuitement jusqu'en 2016 au moins la moitié des permis d'émissions de CO2 aux pays dont 60% ou plus de l'électricité proviennent de centrales thermiques fonctionnant au charbon.
"Les mesures proposées ouvrent la voie à des profits injustifiés pour les compagnies énergétiques, alors que notre objectif est de protéger les consommateurs", a déclaré M. Dowgielewicz.
Pour lutter contre le réchauffement climatique, l'UE veut réduire de 20% ses émissions de gaz à effet de serre par rapport à leurs niveaux de 1990.

Tout se jouera le 6 décembre à Gdansk
La Pologne et plusieurs autres pays de l'ex-Europe de l'Est membres de l'UE, dont une large part de l'électricité provient de centrales thermiques à charbon, s'opposent à cette mesure, estimant que les coûts de l'opération risquent de compromettre leur croissance économique.
Le chef de l'Etat français, Nicolas Sarkozy, président en exercice de l'UE, doit discuter de cette proposition de dérogation au cours d'une réunion prévue le 6 décembre à Gdansk, en Pologne, avec le Premier ministre polonais et ses homologues de huit autres pays de l'Est.
"Le moment de vérité sur les mesures concernant le climat aura lieu le 6 décembre à Gdansk", a affirmé M. Dowgielewicz.
Le saviez-vous ?
L'aval de la Pologne est essentiel, puisqu'elle a obtenu que l'accord définitif au projet de plan d'action européen ne soit donné à l'unanimité, au cours du prochain sommet européen des 11 et 12 décembre à Bruxelles.
La Pologne tire 94% de son électricité de ses centrales thermiques au charbon.