Le 24 janvier 2009, le sud-ouest de la France était balayé par la tempête Klaus... Cet épisode venteux a principalement touché les régions suivantes : l'Aquitaine, le Midi-Pyrénées, une partie du Languedoc-Roussillon, le Poitou-Charentes, la Principauté d'Andorre, le nord de l'Espagne et une partie de l'Italie entre le 23 et le 25 janvier 2009.
Un an après, nous faisons le point sur les effets dévastateurs de Klaus. Quelles ont été les conséquences de cette tempête ? Les aides promises ont-elles été versées aux sylviculteurs particulièrement touchés ? ERDF a-t-il tout reconstruit à l'identique ou est-il passé au réseau souterrain ?
Des effets dévastateurs
Cette violente tempête a fait onze morts et provoqué des dégâts inestimables chez les particuliers mais aussi dans la filière bois. Elle a dévasté l'équivalent de quatre à cinq années de production de pin maritime.
Les massifs forestiers de trois régions ont été particulièrement affectés : l'Aquitaine, le Languedoc-Roussillon et le Midi-Pyrénées. Dans les Landes, la catastrophe a eu aussi un impact sur l'écosystème.
Les sylviculteurs particulièrement affectés !
En quelques heures, les vents violents ont en effet anéanti des années de travail et d'investissements des forestier sylviculteurs.
Les rafales ont régulièrement dépassé les 130 km/h dans l'intérieur des terres. D'après Météo-France, ces rafales ont approché 170 km/h sur les côtes atlantiques et ont même dépassé 190 km/h sur le littoral méditerranéen de l'Aude et des Pyrénées-Orientales.
"Les sylviculteurs sont les grands oubliés de la crise. (...) Dans ce type de crises, on sait qu'on a six mois pour sauver le maximum de bois d'œuvre, là c'est trop tard" affirme Yves Lesgourgues, président du Centre régional de la propriété forestière.
Un malheur n'arrive jamais seul
Selon les sylviculteurs, 38 millions de m3 de pin maritime dans le massif forestier des Landes ont été détruits. "Pour eux, c'est une situation assez catastrophique, non seulement ils sont sinistrés mais ils ont vu les prix des bois s'effondrer (chute des cours de l'ordre de 80 à 90 %). Ils se retrouvent sans trésorerie, avec la nécessité de prévoir des avances pour le reboisement avec des perspectives de revenus lointaines et une absence de système d'assurance" résume ce responsable.
La profession toujours dans l'expectative un an après la catastrophe ?
Le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, a assuré lundi (18 janvier) que "des prêts bonifiés permettent de reconstruire une activité, ils répondent aux attentes économiques des sylviculteurs" tout en reconnaissant que la question de l'assurance représentait "la grande bataille pour l'avenir".
Les sylviculteurs réclament aujourd'hui 1.000 euros supplémentaires par hectare sur l'enveloppe de subventions à la reconstitution de la forêt et un système d'assurance, promis après la tempête de 1999 mais jamais obtenu.
Le plan de soutien à la filière bois mis en place après cette violente tempête, estimé à 1,16 milliard d'euros sur huit ans, comprend plus de 500 millions d'euros d'aides directes et 600 millions de prêts bonifiés.
715.000 sinistres recensés par les assurances
Le Centre régional de la propriété forestière indique qu'en Aquitaine, 200.000 hectares de pins maritimes (sur 900.000) ont été détruits à plus de 40 %, représentant 36,7 millions de m3 de bois, l'équivalent de quatre à cinq années de production.
L'Aquitaine compte 50.000 sylviculteurs possédant plus de 4 hectares et 200.000 possédant plus de 1 ha.
L'industrie de transformation représente 34.000 emplois directs. Hors forêt, les assurances ont recensé 715.000 sinistres, pour 1,54 milliard d'euros de dégâts.
Cette tempête : un mal pour un bien pour les particuliers ?
Le passage dévastateur de la tempête a provoqué des dégâts sur 25.000 points du réseau moyenne et basse tension avec une forte concentration sur la partie ouest et sud de la zone. Par conséquent, des milliers de foyers dans ont été privés d'eau potable, d'électricité et de téléphone pendant plusieurs heures.
Concernant l'électricité, le tiers des dégâts concerne le département des Landes. Afin que cette situation ne se reproduise pas, ERDF s'active à enfouir des câbles électriques notamment dans ce département qui fut plonger dans le noir durant plusieurs semaines.
Une machine enterre à 80 centimètres du sol des lignes moyenne tension au rythme d'1,5 kilomètres par jour, l'objectif étant l'enfouissement d'un millier de kilomètres d'ici 2011.
Depuis un an, 250 kilomètres de câble électrique ont déjà été enfouis ou sont en attente de mise en service, selon ERDF.
Ces câbles souterrains vont donc remplacer les lignes et les poteaux jetés à terre par la force des vents qui ont littéralement balayé le massif landais Fin 2009, le réseau « moyenne tension » était souterrain à 43 % dans les Landes. Fin 2011, il sera enterré à 56 %, assure ERDF.
Des câbles électriques enterrés ! La solution miracle ?
L'enfouissement n'est pas forcément la "solution miracle. Car les câbles peuvent notamment être sectionnés en cas de travaux de terrassement" souligne Christian Janvier, délégué départemental d'ERDF.