Le G8 prend fin ce vendredi à L'Aquila, laissant toutefois un petit goût amer cinq mois avant la conférence sur le climat, qui se tiendra à Copenhague en décembre prochain.
Les dirigeants des pays industrialisés, considérés comme les principaux pollueurs de la planète, ont tenu compte des travaux des scientifiques en approuvant la limite maximale des 2°C de réchauffement.
L'Allemagne, les Etats-Unis, la Russie, la Grande Bretagne, la France, l'Italie, le Japon et le Canada ont été rejoints sur ce point par les pays émergents du G5 (Inde, Chine, Brésil, Afrique du Sud, Mexique) et d'autres pays (Corée du Sud, Australie et Indonésie).
Le président américain Barack Obama a salué un "consensus historique" sur la lutte contre le réchauffement climatique, à l'issue d'une réunion du Forum des principales économies (MEF). Ce dernier regroupe les pays riches du G8, les pays émergents du G5, plus l'Australie, la Corée du sud et l'Indonésie. Il a exhorté l'ensemble de ces pays à participer à la tâche pour parvenir à un accord ambitieux avant la conférence de Copenhague sur le climat en décembre.
"Cet objectif est désormais gravé dans le marbre" s'est félicité le président de la Commission européenne José Manuel Barroso. Rappelons que l'Union européenne et une centaine de pays l'avaient déjà approuvé.
50 % d'ici 2050
Quelques heures auparavant, les dirigeants s'étaient engagés à réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre de 50% en 2050 et celles des pays industrialisés de 80%, par rapport à 1990 ou "une année plus récente". En ce qui concerne un engagement à moyen terme, ils n'ont ps été très clair sur des objectifs ambitieux pour 2020 alors que les pays émergents le réclamaient afin de prendre leur part du fardeau.
Des avancés insuffisantes ?
Décues, les Nations unies jugent que les avancées obtenues à L'Aquila pourraient être insuffisantes pour arracher un accord à Copenhague. "Les dirigeants avaient une occasion unique qui risque de ne plus se représenter" a estimé le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. "Nous avons besoin d'un objectif à moyen terme pour nous assurer que nous sommes sur la bonne voie pour atteindre les objectifs de 2050". En attendant des engagements à moyen terme sur la réduction des émissions polluantes dans le monde, le climat devra prendre son mal en patience
Revenant sur le manque d'engagement dans un avenir proche, les grands émergents comme le Brésil n'ont pas apprécié : "Nous ne pouvons accepter cet objectif de 2050 sans un engagement solide à moyen terme" a estimé le responsable brésilien des négociations climat, Luiz Alberto Figuereido Machado. Voilà pourquoi certains pays en développement du MEF, dont la Chine, devenue le premier émetteur mondial de CO2, ont renoncé à endosser un objectif de réduction de 50% des émissions d'ici 2050.
"Leur participation active est la condition préalable à une solution"
Barack Obama estime que les grands pays en développement ne doivent pas se soustraire à ces engagements parfois contraignants. Il a en effet déclaré : "Les projections prêtent aux pays émergents la majeure partie des émissions à l'avenir, leur participation active est la condition préalable à une solution". Il a également annoncé que les ministres du G8 devraient faire des propositions sur le financement de la lutte contre le réchauffement lors du sommet du G20, en septembre aux Etats-Unis. "Il nous faut aider les pays les plus affectés à s'adapter".
"L'absence d'objectif chiffré dans la déclaration du MEF montre bien que les pays en développement ne font pas confiance aux industrialisés" constate Alden Meyer, directeur de l'Union for concerned scientists, une ONG américaine.