Les baptêmes administrés dans le Jourdain sont-ils dangereux pour la santé des « baptisés » ? Il semblerait que... oui. Et pourquoi ? Parce que ce fleuve est trop pollué selon l'association les Amis de la terre/Proche-Orient.
"Nous appelons les autorités régionales à stopper les baptêmes dans le bas Jourdain jusqu'à ce que la qualité de l'eau y soit conforme aux normes requises pour des activités touristiques" affirme cette association de défense de l'environnement qui évoque un risque sanitaire.
Le dernier rapport des Amis de la Terre, publié en mai, est accablant pour le Jourdain : "Il a été réduit à un simple ruisseau au sud du Lac de Tibériade, asséché par la surexploitation de ses eaux, dévasté par la pollution".
Selon l'organisation, 98 % de ses eaux ont été détournées par Israël, la Syrie, qui exploite son affluent le Yarmouk, et la Jordanie.
Israël dément les affirmations de l'ONG
Les autorités israéliennes ont assuré mardi (27 juillet) que le niveau de pollution du Jourdain est suffisamment bas pour permettre des baptêmes sans risques pour la santé.
Des tests bactériologiques effectués à Qasr al-Yehud, au bord du Jourdain, "démontrent que l'eau du fleuve permet de procéder à des baptêmes" a annoncé l'administration militaire israélienne.
Les tests n'ont décelé que "88 bactéries coliformes d'origine fécale pour 100 millilitres d'eau alors que le seuil de risque du ministère de la Santé est de 1.000 bactéries", selon l'administration.
Mais l'association écologiste des Amis de la Terre/Proche-Orient a riposté en affirmant que la quantité de bactéries varie avec le niveau du fleuve et des tests effectués à des moments différents révèlent un taux bien plus élevé de coliformes.
Un peu d'histoire
Ce site, où Jésus fut baptisé par Jean il y a deux millénaires selon la tradition chrétienne, est connu sous le nom de Qasr al-Yehud.
Aujourd'hui, il se trouve dans une zone contrôlée par l'armée israélienne et interdite d'accès, aux abords de la ville palestinienne de Jéricho, en Cisjordanie.
Ces dernières années, l'armée autorise toutefois les pèlerins à s'y rendre mais il faut une demande spéciale.