L'ancien vice-président américain Al Gore, l'un des hérauts de la lutte contre le changement climatique, phénomène sur lequel il a réalisé le film documentaire Une vérité qui dérange, lance aujourd'hui, à Tromsoe (Norvège), un appel pour une action rapide en vue d'empêcher la fonte des glaces.
Intervenant lors de cette première conférence consacrée à la fonte des glaces, à quelques mois du sommet de Copenhague, M.Gore souligne que, faute de mobilisation, la banquise de l'Arctique risque de disparaître pour toujours, avec des conséquences catastrophiques.

La fonte des glaces : des conséquences sur le climat
« La glace est importante pour l'écosystème de la Terre pour de nombreuses raisons mais l'une d'elles est liée à sa capacité de réfléchissement », insiste t'il.
La banquise renvoie 90% des radiations solaires dans l'atmosphère, alors que les masses d'eau sombres qui la remplacent lorsqu'elle recule absorbent la chaleur, ce qui a pour effet d'amplifier le réchauffement climatique.
« (...) si l'on continue à augmenter la température terrestre, la chaleur se propagera aux profondeurs plus basses de l'océan Arctique et il sera impossible que la glace revienne », avertit l'ancien vice-président des Etats-Unis.

La fonte des glaces : des conséquences sur les populations
La fonte des glaces de l'Antarctique et du Groenland, qui n'a pas été incluse dans les modèles du GIEC (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat), et celle des glaciers auront des conséquences dramatiques, insiste Al Gore : chaque élévation d'un mètre du niveau de la mer provoquerait... 100 millions de réfugiés climatiques.
De même, la fonte des neiges de l'Himalaya, aussi surnommé "le troisième pôle", entraînerait des inondations (dans un premier temps), puis des sécheresses, et ce pour 40% de la population mondiale, qui dépend de cette source d'eau douce pour sa survie.

Les scientifiques très inquiets
L'étendue de la banquise a atteint un niveau minimum en septembre 2007, avec 4,13 millions de km2. Son épaisseur toujours moindre la rend aussi plus fragile et donc plus susceptible de fondre rapidement, s'inquiètent les chercheurs.
Pour des scientifiques présents à Tromsoe, l'avenir est sombre, l'ampleur et la rapidité actuelles du réchauffement dépassent les scénarios les plus pessimistes du GIEC.
« Nous sommes dans le pétrin », résume l'Américain Robert Correll, en expliquant que les mesures contre le réchauffement climatique, annoncées jusqu'à présent par les différents Etats, ne permettront de réduire les émissions de CO2 qu'à raison d'un tiers du niveau nécessaire.
Selon lui, si rien n'est concrètement fait, la température de la planète augmenterait de 4,5°C à la fin du siècle (par rapport à l'ère pré-industrielle,) alors que les experts estiment le niveau de hausse soutenable... à 2°C.
Comment agir pour lutter contre la fonte des glaces ?
Outre les actions de long terme visant à réduire les émissions de CO2, les participants à la conférence de Tromsoe ont identifié des actions rapides pour ralentir la fonte des glaces, principalement avec la réduction des autres polluants, comme les suies.
En effet, les suies et les particules fines, dégagées par les feux de cuisson et les moteurs diesel en Europe de l'Est et en Asie, sont transportées par le vent vers l'Arctique, où elles se déposent sur les glaces, accroissent leur absorption d'énergie solaire et accélèrent leur fonte.