Les barrages installés sur le Mékong sont-ils responsables de sa sécheresse ? Pour la Chine, ses huit barrages construits ou en projet n'ont ou n'auront aucun impact sur la sécheresse historique qui sévit actuellement au Mékong. Rappelons que ce fleuve est considéré comme le plus poissonneux au monde.
Quatre pays riverains du Mékong, le Laos, la Thaïlande, le Cambodge et le Vietnam, ont participé à un sommet consacré à la gestion du fleuve dimanche et lundi derniers.
L'ensemble du Bas-Mékong frappé par la sécheresse
Le fleuve au Laos et dans le nord de la Thaïlande a atteint son plus bas niveau depuis 50 ans. Les cargos et les bateaux de touristes restent à quai dans les zones les plus asséchées, et les populations s'inquiètent. "Les statistiques montrent que la sécheresse récente qui touche l'ensemble du bassin du bas-Mékong est liée au temps particulièrement sec, et le déclin du niveau d'eau du fleuve n'a rien à voir avec le développement hydroélectrique" a assuré le vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Song Tao. "La Chine elle-même est victime de la sécheresse actuelle" a-t-il ajouté.
De son côté, le porte-parole de l'ambassade de Chine à Bangkok, Yao Wen a indiqué : "La Chine ne fera jamais rien qui affecte les intérêts des pays (du bas-Mékong)". Il a également souligné que les barrages hydroélectriques permettaient aussi de réguler les flux et de prévenir les inondations.
La responsabilité des barrages est-elle scientifiquement établie ?
La responsabilité des barrages chinois est notamment avancée par plusieurs organisations écologistes, mais n'a pas été scientifiquement établie. La Chine se dit elle-même confrontée à la pire sécheresse du siècle, avec 24 millions de personnes en manque d'eau potable dans le sud-ouest du pays.
Cette réunion a également permis d'évoquer les conséquences à plus long terme du réchauffement climatique. "Le fleuve Mékong est menacé par de sérieux problèmes venant à la fois de l'utilisation non viable de l'eau et du changement climatique" a expliqué le Premier ministre thaïlandais Abhisit Vejjajiva, affirmant que le fleuve ne "survivrait pas" à une mauvaise gestion de ses ressources.
Un peu de géographie ?
Le Mékong prend sa source en Chine, traverse le Laos, lui sert de frontière avec la Birmanie et la Thaïlande, avant de poursuivre son cours au Cambodge et de former un delta dans le sud du Vietnam.
Selon la Commission régionale du fleuve Mékong, plus de 60 millions de personnes dans les quatre pays membres dépendent du fleuve pour leur transport, leur alimentation et leurs activités économiques.