La proposition controversée de la Commission européenne de laisser aux Etats de l'Union européenne la décision de permettre ou non la culture de plantes OGM sur leur territoire a été recalée. Ainsi en ont décidé la plupart des ministres européens de l'Agriculture ce lundi (27 septembre) à Bruxelles !
Contre cette proposition, la France et l'Italie mènent la révolte
La France et l'Italie, soutenues par la plupart des autres grands pays agricoles, notamment l'Allemagne et l'Espagne, se sont déclarées opposées lundi à la proposition.
"Non, l'Italie ne soutient pas la proposition de la Commission (...) Le chacun pour soi mine les fondements de la Politique agricole commune" a affirmé le ministre de l'Agriculture italien Giancarlo Galan.
Même fermeté du côté de la France
"La France souhaite que la décision (sur cette question en Europe) reste commune. Aller vers des décisions nationales sur ces sujets serait un mauvais signal adressé aux citoyens européens et un mauvais signal pour la Politique agricole commune" a déclaré Bruno Le Maire. Le Royaume-Uni et l'Espagne sont également contre cette "renationalisation" des autorisations, jugée néfaste pour le marché intérieur.
Pourquoi avoir fait une telle proposition ?
Contrariée par les désaccords entre les Etats, la Commission a proposé de leur rendre la liberté d'interdire les cultures OGM sur leur territoire. En contrepartie, elle souhaite qu'ils facilitent les autorisations de culture et de commercialisation.
La Hongrie, l'Autriche et le Luxembourg ont porté plainte contre l'autorisation de la pomme de terre Amflora, cultivée depuis le mois de mars dans trois pays (Allemagne, Suède et République tchèque) pour l'industrie de la pâte à papier.
La "bourde" de BASF, qui a contaminé au moins trois lots d'Amflora plantés en Suède avec des semences d'une autre pomme de terre transgénique, Amadea, non autorisée, a contraint Bruxelles à taper sur la table.
"La Commission est en faveur de la destruction des lots plantés sur 15 hectares" a annoncé Frederic Vincent. "Cette décision appartient aux autorités suédoises" a-t-il toutefois précisé.
Quinze OGM sont en attente d'autorisation
Seuls deux OGM sont actuellement cultivés dans l'Union européenne : le maïs 810 du groupe américain Monsanto et la pomme de terre Amflora développée par le groupe allemand BASF.
Monsanto demande le renouvellement de cette autorisation pour 10 ans. "Une proposition sera faite dans les mois qui viennent" a indiqué Frédéric Vincent, porte-parole du commissaire à la Santé John Dalli.
Ce dernier va défendre cette réforme lundi devant les ministres de l'Agriculture, mais la décision finale reviendra aux ministres de l'Environnement.
La France, l'Allemagne, la Hongrie, le Luxembourg, la Grèce et l'Autriche ont interdit la culture du MON 810 sur leur territoire et un septième pays, la Pologne, a interdit toutes les cultures d'OGM.
La décision finale reviendra aux ministres de l'Environnement. Ils se réuniront dans trois semaines, le 14 octobre, à Luxembourg. Leurs conclusions ne devraient pas apporter beaucoup de réconfort à la Commission, car ils sont encore plus réticents que leurs collègues de l'Agriculture.