L'Afrique "exige des réparations et dédommagements", demandant que les pays "pollueurs" soit les "payeurs" a affirmé dimanche (11 octobre) à Ouagadougou le président de la Commission de l'Union africaine, Jean Ping.
"Pour la première fois, l'Afrique aura une position commune" au sommet de Copenhague sur le climat en décembre, a indiqué Jean Ping lors de la 7e édition du Forum mondial pour le développement durable consacré aux changements climatiques.
"Les responsables doivent s'engager à réduire le émission de gaz à effet de serre et à répondre aux principes du pollueur-payeur" a-t-il assuré, préconisant la mise en place de "nouveaux fonds internationaux pour soutenir les pays pauvres".
Quel sera le montant des réparations ?
Le président du comité d'organisation du Forum, le ministre burkinabè de l'Environnement Salifou Sawadogo, avait estimé vendredi à 44 milliards d'euros les financements nécessaires pour que le continent puisse faire face aux dérèglements du climat.
Ces "exigences" arrivent-elles au bon moment ?
Il semblerait que non ! Elles interviennent au moment où les négociations internationales sont très laborieuses, voire "dangereusement proches d'une impasse" selon le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.
L'Afrique, un continent vulnérable au dérèglement climatique !
Ce continent, qui émet très peu d'émissions polluantes, a décidé de "soutenir la prise des engagements chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre d'au moins 40 % d'ici 2020 par rapport au niveau de 1990 pour les pays industrialisés.
Ils ont également lancé un appel "pour l'allègement des procédures et l'assouplissement des conditions d'accès des pays africains aux ressources du Mécanisme pour un développement propre.
L'ex-président français Jacques Chirac s'est "résolument" prononcé "contre l'idée d'une compensation globale où l'Afrique serait dédommagée pour ne plus toucher à ses forêts, pour geler sa consommation d'éngergie et renoncer à son industrialisation".
L'Afrique doit être exigeante sur les émissions polluantes
Pour le ministre français de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, l'Afrique est un partenaire indispensable pour aboutir à un accord au prochain sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique :
"Il faut dépasser les visions d'une autre époque : l'Afrique est un grand continent et c'est une chance pour l'humanité, les énergies renouvelables y sont très faciles à développer. Un sommet de Copenhague sans une Afrique préparée, organisée, puissante, ça n'existe pas".
"L'Afrique doit être exigeante sur les émissions (de gaz à effet de serre) des pays industrialisés, et Meles Zenawi le fait sans démagogie, il est exigeant sur les objectifs, mais souple sur la forme et les moyens à mettre en oeuvre, et il explique, ce qui est rare, que pour l'Afrique, le changement climatique va créer des drames, mais aussi des opportunités" a affirmé Jean-Louis Borloo.
Dans la perspective de Copenhague, la France et l'Union européenne poussent plusieurs idées, notamment faire de l'Afrique "le premier continent d'énergies renouvelables du monde" et participer financièrement "à la reforestation de l'Afrique et au maintien de la forêt".