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23 mars 2010 -
16h20 :
Les réactions à l'abandon de la taxe carbone
[ ENVIRONNEMENT-TAXE CARBONE-REACTION ]

Voici un verbatim des principales réactions à l'annonce de l'abandon de l'application au 1er juillet de la taxe carbone par le premier ministre François Fillon  

Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'Ecologie : "Je suis désespérée de ce recul, Chantal Jouannodésespérée que ce soit l'écolo scepticisme qui l'emporte". "Je ne suis pas en phase avec cette décision". "C'était possible de le faire en France avant de le faire en Europe. C'est ce qu'on avait prévu à l'origine, c'est ce que d'autres pays comme le Suède ont fait". "C'est vrai que ce n'était pas parfait, qu'on aurait pu améliorer le texte, notamment concernant les particuliers pour qu'on puisse aider beaucoup plus les personnes à s'adapter".
 
Laurence Parisot,  présidente du Medef : "Nous sommes soulagés, notamment pour toute l'industrie qui n'aurait pas supporté ce nouveau handicap de compétitivité". "Nous avons su convaincre". 
 Laurence Rossignol
Laurence Rossignol, secrétaire nationale du PS à l'environnement : "Voilà donc et sans plus d'explications la taxe carbone enterrée par le Premier ministre». "Si l'abandon de la taxe carbone, qui était injuste et inefficace, est une bonne nouvelle pour les ménages, en revanche le gouvernement vient aussi de renoncer à toute réorientation de la fiscalité en faveur de l'environnement". "Après la défaite de la droite aux élections régionales, il s'agit pour le gouvernement de revenir sur quelques mesures particulièrement impopulaires, pour pouvoir encore mieux protéger le bouclier fiscal et les nombreuses exonérations accordées aux catégories les plus favorisées", juge le PS. "La déclaration du Premier ministre n'est assortie d'aucune proposition, aucune alternative, aucune perspective, si ce n'est de s'en remettre à une hypothétique décision européenne". "Le Parti socialiste sera extrêmement vigilant: le gouvernement ne doit pas saborder le Grenelle de l'environnement pour garder le cap d'une politique rejetée dimanche par les Français" au second tour des régionales, ajoute-t-il.
   
 
Le Réseau Action Climat France et de ses associations membres, dans une lettre ouverte au Président de la république : L'abandon de la taxe carbone scelle la mort du Grenelle. En 2006, vous avez signé le pacte écologique. Vous vous êtes personnellement engagé à faire de la taxe carbone un des piliers de votre politique environnementale. Or, le Premier Ministre vient d'annoncer son abandon. La taxe carbone n'est plus, et de votre promesse, il ne reste rien.
Les associations sont scandalisées par le mépris qui caractérise cette décision. Les négociations sur le climat de Copenhague nous ayant laissés sans cadre de coordination internationale, il est impératif de mettre en place des politiques climatiques nationales structurantes. La médiatisation étant retombée, l'enjeu du changement climatique se situe désormais bien loin des priorités du Gouvernement. Pire encore, début mars, vous déclariez à l'occasion du salon de l'agriculture que  « toutes ces questions d'environnement, ça commence à bien faire ! ». Hier, vous approuviez un projet de terminal charbonnier à Cherbourg, contribuant ainsi au développement de la filière des énergies fossiles. Aujourd'hui, vous enterrez la taxe carbone. Entre la frénésie pro environnementale des premiers mois de votre mandat et le déni qui caractérise votre politique actuelle, il ne s'est écoulé que trois ans. Que nous réservez-vous pour demain ? L'abandon du Grenelle ou de ce qu'il en reste ? Monsieur le Président, l'avenir du climat mérite mieux que tout opportunisme politique.


TF1-LCI, Bernard AccoyerBernard Accoyer (UMP), le président de l'Assemblée nationale,  : elle n'est pas "enterrée" mais "préparée en tenant compte de nos partenaires européens".



Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, principal syndicat agricole : "C'est une bonne décision, c'est une décision de sagesse, que de repousser les choses et de considérer qu'elle (la taxe carbone, ndlr) sera européenne ou ne sera pas (...). Nous ne pouvions pas accepter une taxe payée par les producteurs français que n'auraient pas à payer nos propres partenaires et concurrents européens. On n'a jamais été opposé à une fiscalité verte dès lors qu'elle serait européenne. (...) Si un jour il y a la même taxe carbone pour tous les Européens, on en prendra acte".


   Nicolas Paulissen, directeur de la communication de la Fédération Nationale des Transporteurs routiers (FNTR)
Nicolas Paulissen , délégué général adjoint de la Fédération nationale des transports routiers (FNTR): "On a toujours dit que la taxe carbone n'avait de sens que si elle était européenne (...). L'argument qui est utilisé pour la supression de la taxe carbone est exactement l'argument que nous avions utilisé pour contester la pertinence de cette taxe franco-française".

Daniel Cohn-Bendit

Daniel Cohn-Bendit, chef de file d'Europe Ecologie : "Borloo et Jouanno peuvent démissionner", "ils peuvent aller au chômage partiel". "Les arguments de l'Europe, (le gouvernement) pouvait les avoir il y a deux ans", a ajouté le coprésident des Verts au Parlement européen, qualifiant le gouvernement d'"amateur".

 
Jean-Paul Besset, Pascal Canfin et Yannick Jadot eurodéputés Europe Ecologie : "ce renoncement est d'autant plus dramatique que l'investissement dans la transition énergétique constitue l'un des leviers de sortie durable de la crise avec des centaines de milliers d'emplois à la clé et la réduction de la précarité énergétique".
   Djamila Sonzogni (Verts)
Djamila Sonzogni, porte-parole des Verts : "Plutôt que d'oser remanier son gouvernement et de changer le cours de ses réformes faites pour favoriser les privilégiés, plutôt que d'entendre le message que lui ont fait passer les Français dimanche dernier, le gouvernement a trouvé une victime expiatoire pour tenter de reconquérir sa base électorale". "La taxe carbone Sarkozy ne remplissait pas les critères nécessaires pour être juste socialement, efficace économiquement et performante énergétiquement", les Verts estiment que "pour le gouvernement, l'avenir de la planète s'arrête à 2012". 


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