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29 juin 2010 -
17h27 :
Marée noire : Alex se renforce tandis que BP paie
[ ENVIRONNEMENT - TEMPETE TROPICALE - PETROLE ]

La tempête tropicale AlexLa tempête tropicale, Alex, qui a fait dix morts en Amérique centrale, devrait devenir un ouragan mardi mais ne devrait pas s'approcher du site de la marée noire, selon les prévisions à cinq jours du Centre national des ouragans.

Mais car il y a toujours un mais... la tempête, avec des vents de 110 km/h, pourrait provoquer une forte houle et par conséquent perturber les opérations de nettoyage et de récupération du brut qui s'écoule dans le Golfe du Mexique depuis l'explosion et le naufrage de la plateforme exploitée par BP fin avril.

Quelle est actuellement la position d'Alex ?

Mardi vers 14h00, le centre de la tempête, qui avance vers le nord-ouest à 19 km/h, se situait à 540 kilomètres au sud-est de Brownsville (Texas). A ce rythme, elle devrait toucher terre tôt jeudi juste au sud de la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, selon le Centre national des ouragans.

Le scénario catastrophe !

Si les vents dépassent les 70 km/h, les bateaux qui prennent part aux opérations de secours, devront quitter la zone d'opérations, située à 80 kilomètres des côtes de Louisiane, a précisé l'amiral. Dans ce cas, les opérations de secours pourraient être stoppées deux semaines, le temps de démonter et remonter les installations, et la fin du forage des puits de secours être ainsi repoussée à septembre, selon l'amiral.

Les efforts de BP perturbés ? 
 
La mise en place d'un troisième navire de récupération du brut a dû être repoussée. "Nous allons devoir arrêter les préparatifs pour le Helix Producer" a assuré l'amiral Thad Allen, qui supervise les opérations de secours.
Actuellement, 25.000 barils de pétrole sont récupérés chaque jour du puits d'où fuient quotidiennement entre 30.000 et 60.000 barils de brut. Le Helix Producer devait permettre de récupérer entre 40.000 et 50.000 barils par jour d'ici début juillet.

La tempête pourrait aussi compromettre les opérations visant à creuser des puits de secours afin de stopper définitivement l'écoulement de brut.  L'amiral Thad Allen, qui supervise les opérations de secours, a souligné lundi que "toute tempête risque de pousser le pétrole plus loin dans les marais".

L'ancien président américain Bill Clinton estime que  si les efforts pour stopper définitivement la fuite de brut grâce au forage de puits de secours devaient échouer, il faudrait peut-être faire sauter le puits. La marine américaine pourrait "faire exploser le puits et couvrir la fuite avec des tas et des tas de roches et de débris" a-t-il estimé.

Quatre Etats désormais touchés

Les autorités du Mississippi ont annoncé dimanche que du brut s'était déversé sur des plages de l'Etat, qui n'avait reçu que quelques galettes. Trois autres Etats riverains du golfe du Mexique ont déjà été touchés par la marée noire provoquée par l'explosion le 20 avril d'une plateforme de BP située à 80 kilomètres au large : la Louisiane, l'Alabama et la Floride.

Le personnel des plateformes évacué

Par mesure de précaution, les compagnies pétrolières Shell et Exxon Mobil ont toutefois évacué lundi (28 juin) le personnel non-indispensable de leurs plateformes qui se trouvent sur le trajet d'Alex.

bp marée noire haywardLe coût de la catastrophe ne cesse d'enfler

Le groupe britannique aurait déjà dépensé 2,1 milliards d'euros. Les demandes de remboursement se multiplient : BP affirme avoir déjà dédommagé près de 41.000 plaignants. BP a également démenti lundi le départ de son directeur général Tony Hayward, qui a été sévèrement critiqué aux Etats-Unis pour ses multiples gaffes. Ce dernier a cédé la semaine dernière la gestion de la lutte contre la marée noire à Bob Dudley, un vétéran du groupe.

 
ShellLe moratoire de Barack Obama annulé

Des élus américains ont demandé aux patrons des géants pétroliers Chevron, ConocoPhillips, Exxon Mobil et Shell de prouver qu'ils étaient mieux préparés que BP à affronter une marée noire.
"Le moratoire sur le forage de nouveaux puits dans le golfe doit être rétabli jusqu'à ce que les compagnies pétrolières soient en mesure de démontrer que leurs plans en cas de marée noire permettraient de protéger le golfe d'une autre implosion sous-marine" écrivent Henry Waxman, président de la commission de l'Energie de la Chambre des représentants et les présidents de deux sous-commissions.
Il y a quelques semaines, le président américain Barack Obama avait ordonné un moratoire sur les forages en eau profonde, mais la justice a depuis annulé cette décision.

Le vice-président américain Joe Biden devait se rendre mardi (29 juin) dans la zone de la marée noire pour visiter le centre de commandement des opérations de nettoyage à la Nouvelle-Orleans, avant de se rendre en Floride pour inspecter certaines des zones affectées par les nappes de pétrole.


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