Les autorités américaines et BP ont annoncé lundi (31 mai) que du pétrole pourrait encore se déverser dans le golfe du Mexique jusqu'en août et l'installation de puits secondaires.
Pour John Currie, porte-parole de BP, "le forage de puits secondaires est la meilleure solution" pour en finir avec la fuite à l'origine de la marée noire....
...En attendant, la compagnie pétrolière travaille à une nouvelle opération censée contenir la fuite de brut après l'échec de la tentative de colmatage du puits de pétrole endommagé dans le Golfe du Mexique depuis le 20 avril.
La manœuvre est particulièrement délicate à cette profondeur
Le nouveau dispositif ne vise pas à stopper l'écoulement mais à le canaliser avec un énorme entonnoir métallique permettant de siphonner le brut jusqu'à un navire à la surface.
Actuellement, le pétrole s'écoule du gisement via un oléoduc endommagé relié à une énorme valve métallique rivée au sol sous-marin. Avant d'installer l'entonnoir de métal destiné à aspirer les hydrocarbures, BP entend se débarrasser de l'oléoduc défectueux en le sectionnant à plusieurs niveaux.
Comment va-t-il procéder ?
Une première coupe doit être réalisée avec une puissante pince métallique reliée à la surface grâce à un câble. La deuxième, au point de jonction entre l'oléoduc et la tête de la valve, doit être effectuée avec une lame en diamant pour obtenir une coupe aussi parfaite que possible pour que l'entonnoir puisse être installé proprement. L'oléoduc sectionné va alors être remonté à la surface grâce à une grue. A ce stade, le flot de pétrole devrait augmenter temporairement.
A la place de l'oléoduc, les équipes d'intervention vont fixer l'entonnoir sur la tête de la valve grâce à une fermeture sous pression conçue pour ne laisser passer qu'un minimum d'eau afin de pomper plus efficacement le pétrole qui sera aspiré grâce à un tuyau reliant l'entonnoir à un navire.
Ne pas se faire piéger une deuxième fois
Un dispositif pour empêcher la formation d'hydrates similaires à de la glace, a été mis en place. La formation de ces cristaux avait contrecarré la première tentative de BP, qui consistait à poser un couvercle sur la valve.
Les puits de secours : c'est pour quand ?
BP a souligné que cette nouvelle tentative ne permettrait pas d'arrêter le flux de pétrole mais seulement de limiter son écoulement jusqu'à ce que le forage des puits de secours soit achevé probablement au mois d'août. Le groupe pétrolier place son espoir dans la construction de puits secondaires.
Ces puits secondaires sont utilisés pour atténuer l'excès de pression qui s'exerce sur le puits principal qui fuit. En Louisiane, l'Etat le plus touché par la catastrophe, les habitants sont en colère mais aussi très abattus devant tous ces échecs. Retrouvez tous les échecs de BP en cliquant ici
Déception chez BP
"Nous sommes déçus" par l'échec de la tentative de colmatage de la fuite, a assuré Bob Dudley, le directeur général de BP. "Nous n'avons pas été en mesure de maîtriser l'écoulement du puits. Le flot était trop important. Nous n'avons pas été capables de renverser la pression" et de dompter le gisement de pétrole et de gaz.
Cette option, hautement délicate et sans précédent à cette profondeur (1.500 mètres), consistait à envoyer dans le puits un mélange d'eau et de matières solides. Une fois le flux de pétrole stoppé grâce à cette "boue", il s'agissait de cimenter la source.
Réaction de M. Obama
Le président des Etats-Unis Barack Obama a déclaré mardi (1er juin) : "Si nos lois ont été violées (...), je promets solennellement de faire comparaître les responsables devant la justice, au nom des victimes de cette catastrophe et des habitants de la région du Golfe".
Selon des experts mandatés par l'administration américaine, le pétrole s'est répandu dans le golfe du Mexique à un rythme de 2 à 3 millions de litres par jour depuis le naufrage de la plateforme « Deepwater Horizon » le 22 avril.
Pour Carol Browner, conseillère de Barack Obama pour les questions environnementales, la marée noire est "probablement la pire catastrophe écologique" de l'histoire du pays. De son côté, Larry Crowder, professeur de biologie marine, a précisé que si la fuite devait continuer à souiller le golfe du Mexique pendant deux mois, il est presque acquis que le pétrole serait happé par le "Loop Current", un courant qui forme une boucle dans le golfe puis s'échappe par le détroit de Floride en direction de l'Atlantique où il se transforme en Gulf Stream. Ce scénario serait une catastrophe pour les Keys qui forme la troisième barrière de corail du monde.
La controverse qui porte aussi sur les produits utilisés pour disperser le pétrole, bat son plein. Selon des défenseurs de l'environnement, le dispersant appelé le Corexit aurait un impact néfaste sur l'écosystème. Selon des estimations publiées par l'administration la semaine dernière, entre 72 millions et 113 millions de litres de brut se sont écoulés dans la mer depuis l'explosion de la plateforme « Deepwater Horizon » le 20 avril