Une chose est sûre, la fuite de pétrole au large des côtes de la Louisiane est loin d'être colmatée et les opérations pour récupérer le pétrole brut qui s'en échappe en grosses volutes restent chaotiques, soumises aux aléas de la météo et relèvent parfois de l'expérimentation. En gros, personne ne sait quand cessera la cause de cette catastrophe écologique majeure, du jamais vu dans la triste histoire des marées noires. Pour l'heure et selon une responsable des garde-côtes aux USA, les opérations de récupération du brut reprenaient partiellement dimanche dans le golfe du Mexique, après avoir été interrompues pendant plusieurs jours en raison du mauvais temps.
"Nous sommes en train de pomper du pétrole en Louisiane, mais pas dans l'Alabama, le Mississippi et la Floride", déclarait ainsi Stéphanie Hebert, citant les quatre Etats américains touchés jusqu'ici par la pollution. "Dans aucun de ces Etats nous ne brûlons du pétrole", ajoutait-elle. En revanche, cette responsable soulignait que dans les quatre Etats des équipes avaient recommencé a installer des barrières flottantes, afin d'empêcher le brut de parvenir jusqu'aux côtes.
Depuis le passage de la tempête tropicale Alex non loin de la zone de la marée noire, les opérations de récupération du pétrole et de nettoyage des côtes sont perturbées.
Une partie du navire taïwanais "A Whale" censé pomper et séparer le brut de l'eau de mer
Le "A Whale" sur zone
Bien entendu, tous les moyens sont bons pour essayer de contenir le brut qui s'échappe dans l'océan atlantique ou du moins pour tenter d'en récupérer le maximum. En ce moment les espoirs se concentrent sur le navire taïwanais "A Whale", le plus grand du monde pour la récolte de pétrole en surface, qui réalise depuis samedi des tests de récupération du brut. Mais ces tests qui devaient s'achever lundi ont finalement été prolongés en raison de la météo et de la mer agitée qui empêchent de se rendre compte de la réelle efficacité de ce bateau.
Ce dernier, d'une taille de quatre terrains de football, peut en théorie pomper jusqu'à 50.000 barils de pétrole par jour. Il est censé pomper un mélange de brut et d'eau, séparer les deux éléments et rejeter en mer l'eau ainsi nettoyée.
Depuis le naufrage le 22 avril de la plate-forme Deepwater Horizon, qu'exploitait le groupe britannique BP à 80 kilomètres des côtes américaines, entre 30.000 et 60.000 barils de pétrole s'échappent chaque jour du puits situé à 1.500 mètres de profondeur. Le pétrole a d'ores et déjà souillé plus de 700 kilomètres de côtes, selon les autorités américaines.