La tempête tropicale Bonnie, qui ralentit les opérations de lutte contre la marée noire, a perdu de sa vigueur et s'est transformée vendredi en dépression en atteignant la Floride, mais elle devrait à nouveau se renforcer en arrivant dans le golfe du Mexique, ont indiqué les autorités américaines.
Le Centre national des ouragans américains (NHC) a précisé que "Bonnie devrait entrer dans le golfe du Mexique dans la soirée et atteindre la côte nord du Golfe samedi".
Vendredi vers 23h00 (heure française), le centre de la dépression se situait à 55 kilomètres au sud de Fort Myers (Floride) et progressait dans la direction ouest-nord-ouest à la vitesse de 30 km/h, selon le NHC.
La dépression était accompagnée de vents à 55 km/h et une alerte à la tempête tropicale est en vigueur pour une zone comprise entre les villes de Destin (Floride) et Morgan City (Mississippi).
Personnel et matériel évacués
L'arrivée imminente de Bonnie a forcé BP à suspendre ses opérations autour du puits à l'origine de la marée noire, tandis que les équipes luttant contre la pollution quittaient la zone.
"Cela inclut la plateforme de forage des puits de dérivation qui permettront de colmater définitivement le puits" a déclaré Thad Allen, responsable des opérations de lutte contre la marée noire pour l'administration américaine.
Cette évacuation va retarder les opérations mais « la sécurité des personnes sur la zone est notre plus grande priorité".
Pas touche à l'entonnoir
En revanche, le dispositif qui a permis de stopper provisoirement le flot de pétrole s'échappant du puits endommagé pourra rester en place et éviter une aggravation de la pollution, avait indiqué Thad Allen.
L'alarme désactivé sur la plateforme
Connaîtra-t-on un jour les causes de l'explosion de la plateforme pétrolière de BP dans le golfe du Mexique en avril dernier ? Mike Williams, chef des techniciens électroniques sur la plateforme, a en effet déclaré qu'ne alarme qui aurait dû alerter les employés du site avait été désactivée des mois avant la catastrophe.
Il a expliqué que les capteurs fonctionnaient mais n'étaient pas programmés pour déclencher une alarme en cas d'urgence. Les responsables de la plateforme "ne voulaient pas que les employés soient réveillés à trois heures du matin par de fausses alertes". Pourtant cette alarme aurait pu détecter la formation d'une poche de méthane dans la conduite montante et donc donner l'alarme.
Rappelons que l'explosion le 20 avril puis le naufrage le 22 avril de cette plateforme a provoqué le décès de onze personnes.