Après 104 jours d'incertitudes et de frustration, la procédure "static kill" destinée à condamner le puits endommagé et à l'origine de la pire marée noire aux Etats-Unis, devrait commencer mardi (3 août) selon un responsable.
Cette opération consiste à injecter des liquides et des matières solides puis à cimenter le puits de pétrole qui a déversé des millions de litres de brut dans la mer depuis l'explosion (20 avril) et le naufrage (22 avril) de la plateforme Deepwater Horizon.
"Aujourd'hui (lundi), nous allons effectuer les tests d'injection, nous allons évaluer les résultats, et faire les ajustements nécessaires" a dit le vice-président de BP Kent Wells au sujet de cette intervention. "Puis nous effectuerons le static kill, cela prendra peut-être toute la journée de demain. Cela pourrait se poursuivre mercredi" a-t-il ajouté.
Des tests encore effectués
Les derniers en date sont des tests sismiques et acoustiques réalisés à proximité du puits endommagé. Est-ce bien nécessaire ? Ces tests près du puits recouvert d'un entonnoir depuis le 15 juillet sont nécessaires "pour s'assurer de l'étanchéité de la tête de puits, puis détecter et répondre à toute anomalie" a déclaré BP. La pression sur la tête de puits "continue d'augmenter, preuve de son étanchéité" apoursuivi le groupe.
Depuis la pose d'un entonnoir il y a quinze jours, le pétrole ne s'écoule plus grâce à l'entonnoir mais il faut savoir que le puits n'est pas condamné.
L'amiral Thad Allen, chargé de la lutte contre la marée noire pour le gouvernement américain, avait précisé que l'opération static kill avait été retardée d'un jour par la nécessité de nettoyer le site de dépôts de matière provoqués par la récente tempête dans le golfe du Mexique. "Ce n'est pas un gros problème mais il faut les enlever avant de pouvoir cuveler le puits".
Et après l'opération "static kill" ?
La phase finale, dite "bottom kill", consistera à injecter un mélange d'eau et de matières solides puis du ciment via le puits de secours. Selon BP, cette dernière opération devrait avoir lieu fin août au plus tard.
Le volume de pétrole qui s'est échappé dans l'océan depuis l'explosion et le naufrage de la plateforme Deepwater Horizon le 20 avril restait toujours impossible à connaître avec précision : les estimations oscillent entre 477 et 842 millions de litres. Il s'agit de la pire marée noire de l'histoire des Etats-Unis en termes de conséquences écologiques.
Nouvelle polémique sur l'usage massif de dispersants
Utilisés pour combattre la propagation du brut près des côtes américaines, les dispersants sont encore montrés du doigt et la polémique semblait s'intensifier dans le pays.
Edward Markey, président démocrate d'une sous-commission sur l'Environnement à la Chambre des représentants, a dénoncé lundi le fait que ces produits chimiques aient "été utilisés quasiment quotidiennement" alors que les autorités recommandaient un usage limité, et en quantité plus importante qu'autorisé.
"Nous devons donc surveiller attentivement la soupe toxique sous-marine que l'injection des ces produits chimiques dans un matériau déjà toxique, le pétrole, a provoqué" a-t-il souligné.
Selon BP et les autorités américaines, près de 7 millions de litres de ces dispersants ont été utilisés. Selon Thad Allen, les "dispersants n'ont été utilisés que quand ils étaient nécessaires" et sur ordre des autorités américaines et non de BP.