Alors que la marée noire provoquée par l'explosion et le naufrage de la plateforme pétrolière «Deepwater Horizon» souille toujours le Golfe du Mexique depuis le 20 avril dernier, les Etats-Unis veulent savoir si leurs lois ont été violées. C'est pourquoi la justice a décidé d'ouvrir une enquête judiciaire au civil et au pénal.
De son côté, BP va tenter une nouvelle opération pour colmater la fuite "dans les prochaines 24 heures". "(...) Nous ne nous arrêterons pas avant que justice ne soit faite » a déclaré mardi le ministre de la Justice, Eric Holder, à La Nouvelle-Orléans.
La promesse de Barack Obama
"Si nos lois ont été violées (...), je promets solennellement de faire comparaître les responsables devant la justice, au nom des victimes de cette catastrophe et des habitants de la région" a martelé le président Barack Obama.
Depuis Port Fourchon en Louisiane, Doug Suttles, le directeur d'exploitation de BP a assuré ne pas être inquiet au sujet d'éventuelles poursuites, affirmant que les relations entre le géant pétrolier et le gouvernement n'étaient "pas du tout tendues".
Pour Doug Suttles, la fuite de pétrole pourrait être contenue "dans les prochaines 24 heures" grâce à la pose d'un "entonnoir" sur le gisement.
Le dispositif est censé récupérer le brut qui s'écoule à 1.500 mètres de profondeur pour le stocker sur un bateau qui mouille en surface.
Cette opération vise à siphonner le pétrole qui s'écoule en plaçant un "entonnoir" à 1.500 mètres de profondeur et en transférant le liquide à bord d'un bateau en surface.
Une énième manoeuvre encore périlleuse
La manœuvre implique notamment de retirer un oléoduc défectueux, relié au puits, en le sectionnant à plusieurs endroits. "Nous progressons. Nous allons couper le tuyau aujourd'hui (mardi) et poser le chapeau sur le puits" par la suite. Jusqu'ici, les multiples initiatives de BP pour colmater la fuite se sont avérées inefficaces.
Mais "nous avons appris des précédentes tentatives, c'est pourquoi je pense que nous avons une très bonne chance" a-t-il déclaré. "Nous ne pouvons garantir la réussite" de l'opération, a-t-il toutefois ajouté.
Complexe d'opérer à une telle profondeur
Mais cette opération est risquée selon Carol Browner, la conseillère de Barack Obama pour les questions d'énergie et de changement climatique. Afin d'arrêter l'écoulement de pétrole, il faudra toutefois attendre le mois d'août et la pose de puits de secours, indiquent notamment les responsables de BP.
James Cameron apporte son aide
En attendant, le cinéaste James Cameron et Phil Nuytten, dont l'entreprise a construit les submersibles pour son film "Abyss" (1989), devaient discuter mardi à Washington d'une nouvelle technique pour mettre fin au déversement de pétrole.
Quand la météo s'en mêle !
Les autorités américaines craignent en effet la saison des ouragans qui a commencé mardi et qui pourrait être particulièrement active selon des experts.
"Si les ouragans atteignent le golfe du Mexique, le navire (chargé de recueillir le brut) ne pourra plus rester, ce qui veut dire que le flux ne sera pas atténué" a déploré Carol Browner.
Le vent pourrait aussi pousser le brut à l'intérieur des marais de Louisiane et endommager son écosystème fragile. Les gardes-côtes ont assuré mardi que le pays manquait d'équipements spéciaux pour récupérer le pétrole à la surface de l'eau et qu'ils avaient demandé l'aide internationale.
A savoir !
BP s'est effondré (-13,10 %) mardi à la Bourse de Londres.
Entre 72 millions et 113 millions de litres de brut se sont déjà écoulés dans la mer depuis l'explosion de la plateforme Deepwater Horizon le 20 avril, selon les estimations.