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16 juin 2010 -
12h15 :
Marée noire: Obama s'adresse aux Américains
[ ENVIRONNEMENT - MAREE NOIRE AUX USA ]

Alors que les autorités américaines ont encore revu à la hausse mardi l'étendue de la pollution (jusqu'à 60.000 barils de brut par jour soit 9,5 millions de litres), Barack Obama s'est adressé à ses compatriotes et a comparé la marée noire qui s'écoule et souille le golfe du Mexique depuis le 22 avril à "une épidémie" que les Etats-Unis combattront "pendant des mois et même des années.

Selon cette nouvelle estimation, 300 à 500 millions de litres de pétrole se sont déversés dans l'océan depuis l'explosion et le naufrage de la plateforme « Deepwater Horizon ». Les responsables américains n'indiquent pas si l'opération ayant consisté à sectionner le conduit est responsable d'une augmentation du flux.
Des scientifiques avaient estimé que cette opération risquait d'augmenter le débit de la fuite de 20 %. Dix-neuf millions de litres du pétrole s'échappant du puits ont été récupérés en surface ces dix derniers jours, et plusieurs autres millions ont été brûlés ou écrémés à la surface par des navires spécialisés.

"Nous allons combattre pendant des mois et même des années" cette marée noire, a déclaré Barack Obama, qui s'est rendu lundi et mardi dans trois des quatre Etats (Mississippi, Alabama, Floride) touchés par cette catastrophe.  Mais "ne vous y trompez pas : nous combattrons cette pollution avec tout ce que nous avons et aussi longtemps qu'il le faudra" a-t-il juré.

Barack Obama, qui doit rencontrer mercredi matin à la Maison Blanche le président de BP Carl-Henric Svanberg, a affirmé : "Nous ferons payer BP pour les dégâts que cette entreprise a provoqués". Il va également ordonner à la société de créer un fonds d'indemnisation indépendant afin de dédommager les travailleurs et les entrepreneurs qui ont été les victimes de l'inconscience de cette entreprise".

Barack Obama : discours à la Maison Blanche sur la marée noire (15 juin 2010)Place aux énergies dites propres

Ces derniers mois, le président a souvent plaidé pour une indépendance énergétique des Etats-Unis mais cette tragédie, qui touche les côtes américaines, est un rappel douloureux et fort que le temps d'adopter les énergies propres du futur est venu.

Le président américain a déclaré mardi : "Le moment est venu (...) de se lancer dans une mission nationale pour libérer l'innovation américaine et de s'emparer de notre propre destin". La "grande leçon" de la marée noire, "c'est que les forages pétroliers entraînent désormais de plus grands risques, quelle que soit la régulation" qui encadre le secteur.  "Nous consommons 20 % du pétrole mondial mais nous ne possédons que 2 % des réserves mondiales". Ce manque de réserves constitue "l'une des raisons pour lesquelles les compagnies pétrolières sont amenées à forer à plus de 1.500 m de profondeur".

Le pétrole à l'état brut"Pendant des décennies, nous avons connu l'époque du pétrole pas cher et facile. Pendant des décennies, nous avons parlé sans fin de la nécessité de mettre fin à la dépendance séculaire de l'Amérique au pétrole. Et pendant des décennies nous n'avons pas réussi à agir" a-t-il asséné.
"Les conséquences de notre inaction nous sautent maintenant au visage. Des pays comme la Chine investissent dans les emplois et l'industrie liés aux énergies propres que nous devrions avoir ici en Amérique. Chaque jour nous envoyons un milliard de dollars à des pays étrangers pour leur pétrole. Et aujourd'hui, nous voyons un mode de vie entier qui est menacé par un nuage de brut effrayant".

Il nomme, il charge, il autorise...

Afin de rétablir la splendeur unique et la luxuriance de cette région, Barack Obama a nommé un responsable chargé du rétablissement à long terme des zones sinistrées dans le Golfe, l'actuel secrétaire à la Marine et ancien gouverneur du Mississippi, Ray Mabus.
Il a chargé un ancien procureur de mener le processus de réforme du service de gestion des ressources minières, critiqué pour son laxisme dans l'application des normes de sécurité et accusé d'être trop proche des sociétés qu'il est censé surveiller.

Il a aussi autorisé le déploiement de près de 17.000 membres de la Garde nationale pour lutter contre la marée noire le long de la côte. "Ces hommes et ces femmes sont prêts à aider à empêcher le pétrole d'arriver sur le rivage, à nettoyer les plages, à entraîner les équipes sur place, et même à aider à traiter les plaintes (des sinistrés)".

Plateforme pétrolière off-shoreQu'en est-il du moratoire de six mois maintenu sur les forages pétroliers en eaux profondeurs ?

Il a déclaré : "Je sais que cela pose des difficultés aux personnes qui travaillent sur ces plateformes. (...) Mais au nom de leur sécurité et au nom de la région tout entière, nous devons connaître les faits avant d'autoriser la reprise du forage en eaux profondes".
Barack Obama ne reviendra pas sur ce moratoire tant que ne seront pas connues les causes de l'accident de la plateforme qui a provoqué la marée noire du golfe du Mexique. 

Nouveau revers

Alors que cette pollution est déjà la pire catastrophe écologique enregistrée par les Etats-Unis, les opérations de récupération du pétrole à la source ont été suspendues mardi pendant cinq heures à la suite d'un "incendie limité" dans un bateau en surface, provoqué par la foudre et qui a été rapidement éteint.

Un 2e dispositif pour capter davantage de pétrole

BP accentue ses efforts et espère bientôt capter à la source "jusqu'à 90 % du pétrole". Le géant pétrolier a déployé mardi un second dispositif destiné à augmenter le captage du brut et à brûler un million et demi de litres de pétrole par jour, ont annoncé des responsables. Ce mécanisme de récupération pourrait permettre de capter au total entre 20.000 et 28.000 barils de brut par jour".

Que prévoit le nouveau dispositif ?

Un navire à la surface, le Q4000, doit brûler de manière contrôlée l'équivalent de près de 10.000 barils (1,6 million de litres) de pétrole par jour s'échappant du puits. Le service de gestion des ressources minières américain a autorisé BP à brûler jusqu'à 12.000 barils par jour et le groupe britannique entend procéder ainsi pendant 4 à 6 semaines.
Du gaz naturel provenant du puits sera également enflammé jusqu'à ce que le puits soit définitivement condamné. C'est pour quand ? Au mieux en août, lorsque des puits de dérivation en cours de forage seront terminés.

Le premier dispositif, qui consiste à pomper le pétrole au moyen d'un tuyau de 1,5 km de long reliant un bateau en surface à un entonnoir placé sur la tête du puits, permet de récupérer 18.000 barils par jour, selon les dernières évaluations.
BP avait installé cet entonnoir le 3 juin, après plusieurs tentatives infructueuses pour colmater la fuite.


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