Les spécialistes l'avaient prédit, reprochant même à l'administration Obama de faire preuve d'un trop grand optimisme sur la question. Non, le pétrole, qui s'est échappé de la fuite du puits exploité par BP, ne s'est pas volatilisé comme par magie. Il est bien là, caché sous la surface. Ainsi donc, des océanographes américains ont détecté un vaste panache d'hydrocarbures s'étendant sur au moins 35 km à plus de 900 mètres sous la surface des eaux du golfe du Mexique. Ils confirment ainsi l'existence de ce "nuage" sous-marin de pétrole en partie dilué et jusqu'alors objet de controverse.
Les chercheurs du Woods Hole Oceanographic Institution (WHOI), le plus grand institut mondial privé d'études océanographiques à but non-lucratif, ont pu établir que ce pétrole provenait bien de la marée noire de la plateforme Deepwater Horizon, et non de suintements naturels.
Avion larguant des dispersants sur les nappe de
pétrole dans le golfe du Mexique
La biodégradation du pétrole est en cours grâce aux microbes vivant dans les grands fonds
La fuite du puits, à 1.500 mètres de fond, a été arrêtée à la mi-juillet après avoir déversé 4,9 millions de barils de brut dans l'océan. Les chercheurs ont observé que la biodégradation de ce pétrole était en cours grâce aux microbes vivant dans les grands fonds mais que ce processus était relativement lent.
De ce fait, le panache détecté lors d'une expédition scientifique entre le 19 et le 28 juin et mesurant 35 km de long pour 1,9 km de large sur près de 200 mètres de haut, pourrait persister assez longtemps.
"Jusqu'ici, ce panache était considéré comme théorique", souligne Richard Camilli, chef de l'expédition scientifique et principal auteur de l'étude et de préciser qu'il n'est pas formé de "pétrole pur" mais contient de nombreux composants pétroliers.