La mer d'Aral classée «zone de désastre écologique» en 1992 par les Nations unies, reprend vie doucement grâce à la digue Kokoral. Ce barrage construit en 2005 et financé par la Banque mondiale a permis à l'eau et à une trentaine d'espèces de poissons de revenir dans la partie nord de cette mer morte depuis plus de trois décennies. L'activité halieutique renaît aussi....
Retour sur l'un des plus grands désastres écologiques du 20ème siècle ! Cette «île aquatique» a été victime d'une catastrophe orchestrée par la bêtise...humaine. Au début des années 1960, les autorités soviétiques ont décidé de détourner les fleuves de l'Amou-Daria en Ouzbékistan et du Syr-Daria au Kazakhstan, qui alimentaient la mer d'Aral, pour irriguer les sols arides des terrains environnants et favoriser ainsi la culture du coton. Ses eaux faisaient la fortune des pêcheries locales. Et puis, les eaux ont commencé à se retirer dans les années 1970. A cette époque, l'Aral s'étendait sur 66 000 km2. Durant d'interminables années, ce paysage n'était que désolation. Des épaves de bateaux avaient échoué en plein désert, la ville avait été abandonnée, ruinant de nombreuses personnes.
La construction d'une deuxième digue, toujours financée par la
Banque mondiale, verra prochainement le jour. Le directeur de la
Banque mondiale Robert Zoellick affichait un large sourire il y a quelques jours : "La construction de la digue prouve que les désastres provoqués par l'homme peuvent être en partie réparés".
En partie seulement ! Car une bataille est certes gagnée mais la guerre...ne le sera vraisemblablement jamais ! Ce désastre continue d'appauvrir la mer d'Aral qui continue de reculer. La digue a permis aux eaux de s'étendre au nord et de reconstituer une partie de la petite mer mais celle-ci ne représente que 5 % de ce qui fut jadis le quatrième plus grand lac au monde. Autrefois, la mer d'Aral était une étendue d'
eau grande comme le Portugal.
Joop Stoutjesdik, ingénieur en chef de la
Banque mondiale pour les programmes d'irrigation, a en effet avoué : "Au sud, l'Aral ne peut plus être sauvée. Même si on arrêtait toute l'
agriculture, ce qui provoquerait un drame économique et social, il faudrait 50 ans à la mer pour revenir".