L'ancien premier ministre, Michel Rocard, a estimé mercredi (23 septembre) que le système des quotas d'émissions de CO2 "marchait mal" : "Nous avons été un peu encombrés par le constat que le système des quotas marche mal. Je ne suis pas sûr qu'il puisse y avoir un marché dans lequel on puisse se débarrasser de la spéculation" a-t-il fait remarquer, soulignant que la bourse européenne du carbone permettait à beaucoup d'industriels de gagner de l'argent.
Le débat sur les quotas sera-t-il rouvert ?
Les quotas et la taxe carbone sont des outils complémentaires, l'attribution de quotas à des entreprises susceptibles d'être échangés en Bourse, est l'un des mécanismes mis en place par l'Union européenne pour contraindre les industriels à limiter leurs émissions de gaz à effet de serre. La taxe carbone française vise des secteurs non soumis aux quotas et les ménages. "Il faudra trouver en Europe l'occasion de rouvrir le débat sur les quotas" a déclaré Michel Rocard.
Nicolas Sarkozy a annoncé que la taxe carbone serait mise en place à partir de 2010 et que son montait serait de 17 euros pour une tonne de CO2 émise.
De son côté, la commission d'experts présidée par Michel Rocard avait recommandé un montant s'élevant à 32 euros la tonne de CO2 émise.
M. Rocard regrette que le prix de départ ne soit pas plus élevé
Mais "l'idée c'est bien d'arriver à 100 euros la tonne en 2030, c'est le calcul que nous avons validé" a expliqué Michel Rocard, regrettant que le prix de départ retenu ne soit pas plus élevé. Car "plus on part bas, plus le rythme annuel d'augmentation d'ici 2030 risque d'être difficile à tenir si on ne veut pas quelque chose de dissuasif" a-t-il avoué.
"Il aurait été important que le gouvernement souligne ses engagements sur la vitesse de progression" a-t-il ajouté, précisant que pour atteindre le niveau de 100 euros la tonne en 2030, la taxe devrait augmenter "d'environ 6% à 7% par an hors inflation".
"Nous savions que cette première version ne serait pas parfaite. L'essentiel c'est qu'on l'ait créée et qu'elle existe", a commenté l'ancien Premier ministre.