Si la valeur préconisée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour les particules fines est respectée, l'espérance de vie dans les grandes villes européennes pourrait être revue à la hausse pour les personnes âgées de 30 ans et plus.
Le dépassement du seuil de 10 microgrammes par mètre-cube fixé par l'Organisation mondiale de la santé pour le niveau moyen annuel de particules fines (diamètre inférieur à 2,5 micromètres) se traduit par 19.000 morts par an, selon ces travaux menés dans 25 grandes villes européennes.
D'un point de vue économique, le respect de cette valeur se traduirait par un bénéfice d'environ 31,5 milliards d'euros par an (diminution des dépenses de santé, de l'absentéisme...).
"4 à 8 mois" d'espérance de vie en France
En France, les neuf villes analysées pourraient gagner "4 à 8 mois" d'espérance de vie, soit "environ 3.000 décès annuels". Marseille aurait le plus à gagner, devant Lille, Paris, Lyon, Strasbourg, Bordeaux, Rouen, puis Le Havre et Toulouse.
Bucarest (Roumanie) et Budapest (Hongrie), qui ont les niveaux de particules fines les plus élevés, pourraient, en les diminuant, gagner respectivement 22 et 19 mois d'espérance de vie.
Stockholm (Suède) est la seule ville sous le seuil OMS (9,4 microgrammes/m3).
Les particules fines sont favorisées notamment par les émissions des véhicules diesel et du chauffage. Elles pénètrent profondément le système respiratoire. Cette étude sur les effets sanitaires et économiques de la pollution atmosphérique a été menée de juillet 2008 à mars 2011 dans 12 pays européens, par plus de 60 scientifiques.
Habiter à proximité du trafic routier = augmentation du risque de maladies chroniques
Le projet Aphekom a aussi montré qu'habiter à proximité du trafic routier augmente sensiblement le risque de maladies chroniques. Il a estimé que dans dix villes européennes, 15 % des asthmes de l'enfant pouvaient être attribués au trafic urbain.
"En moyenne 30 % de la population des 10 villes habite à moins de 75 mètres d'une route sur laquelle circulent plus de 10.000 véhicules par jour" a souligné Nino Künzli (Centre de recherche en épidémiologie environnementale).
Le projet Aphekom a également mis en évidence une diminution "considérable" des niveaux de dioxyde de soufre (SO2) dans l'air ambiant depuis les années 90 et la mise en place d'une législation européenne visant à réduire les niveaux de soufre dans les carburants. Cette diminution a permis de prévenir 2.200 décès prématurés dans 20 villes européennes analysées.