Au Pakistan, plus de 4 millions de personnes ont été affectées d'une manière ou d'une autre par les inondations et les glissements de terrain dus à la mousson, a expliqué le chef du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU dans ce pays, Manuel Bessler ". Ces intempéries auraient également fait 1.600 morts dans la province de Kyber Pakhtunkhwa, a indiqué jeudi (5 août) l'ONU.
Les précipitations record, qui se sont abattues sur le Pakistan depuis la semaine dernière, ont dévasté des villages et des plaines agricoles dans le nord-ouest, région déjà meurtrie depuis plusieurs années par la sanglante rébellion des talibans et les offensives de l'armée...
... Et la situation pourrait s'aggraver car la saison de la mousson ne se termine habituellement que fin août. De mémoire d'homme, les Pakistanais n'avaient plus connu pareilles inondations depuis huit décennies.
Des catastrophes similaires dans le centre et le sud ?
Les inondations ont démarré dans le nord mais elles menacent désormais de s'étendre au Sindh (sud), au Cachemire pakistanais et au Baloutchistan (sud-ouest), selon les autorités.
Une énorme masse d'eau est en train de se déplacer vers le sud, frappant les provinces très peuplées du Pendjab et du Sindh où les personnes ont du être évacuées des bords de la rivière Indus. "Nous attendons de nouvelles pluies (...) et craignons que cela n'empire" a insisté le responsable onusien.
Des prévisions météorologiques inquiétantes
Dans le Sindh, les autorités annonçaient de fortes pluies pour samedi et dimanche dans la région agricole fertile de Katcha, le long de la rivière Hindus, ajoutant que 5.000 personnes avaient été évacuées.
"Si les eaux continuent de monter, il y a un risque qu'elles menacent sérieusement le barrage de Sukkur" a précisé Maurizio Giuliano, un porte-parole du Bureau de l'ONU pour les affaires humanitaires.
Dans le Pendjab, des pluies torrentielles sont tombées sur la localité de Kot Addu, transformant la zone en un vaste lac. "La situation est dangereuse dans ces villages. Nous évacuons la population" a annoncé Manzoor Sarwar, le chef de la police du district de Muzaffargarh, soulignant que "d'importantes infrastructures (sont) menacées".
Des inondations dévastatrices
Dans les régions les plus touchées, les routes ont été rayées de la carte, des ponts détruits et des régions entières restent totalement isolées et seulement accessibles par les airs. Autant dire que cette situation ralentit les opérations, les rend compliquées et plus lentes.
A ce jour, "20.000 à 30.000 tentes ont été distribuées" a reconnu un responsable de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), Brian Kelly. "Les lacunes sont énormes (...) face à des besoins gigantesques". Ces intempéries "ont aussi détruit les réserves alimentaires, affecté les troupeaux et les marchés puis l'ensemble des infrastructures". Une semaine après le début de la crise, la communauté internationale craint une crise alimentaire majeure chez les survivants des pluies torrentielles.
Attention aux épidémies
Le risque de maladies liées au manque d'eau potable est très élevé. De nombreux cas de diarrhées ont été enregistrés mais encore aucune épidémie, "ni aucun cas de choléra confirmé" a toutefois rassuré un responsable du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), Oscar Butragueno.
Dans le nord-ouest, les responsables locaux annonçaient une accalmie dans les pluies et une baisse du niveau des eaux.