Deux villes, totalisant 360.000 habitants dans le sud du Pakistan, étaient toujours menacées par les eaux lundi. Les crues sont toujours menaçantes dans la basse vallée de l'Indus (province méridionale du Sind) alors que les eaux se sont retirées depuis plusieurs semaines du nord et du centre du pays.
N'oublions pas que ces intempéries ont fait des millions de sans-abri, ont dévasté des cultures et ont rayé de la carte des bourgs et villages. "La situation est relativement grave pour les villes de Johi et Dadu", non loin des rives de l'Indus, à 370 kilomètres au nord de Karachi, a déclaré Jam Saifullah Dharejo, ministre de l'Irrigation du Sind. "L'eau est à 20 kilomètres de Dadu mais nous n'écartons pas une menace grave pour cette ville" a-t-il expliqué.
La situation est pire à Johi, dont 80 % des habitants ont fui, a assuré Iqbal Memon, haut responsable de l'administration du district de Dadu.
"Les flots se dirigent rapidement vers Johi" a précisé ce dernier. Les autorités ont récemment confirmé que le niveau des eaux commençait à baisser dans le Sind.
Le bilan des intempéries
Un mois et demi après le début des inondations qui ont dévasté 20 % du territoire et affecté plus de 18 millions de personnes, le bilan est pour l'heure de 1.760 morts mais le gouvernement et les ONG prédisent qu'il va considérablement augmenter à mesure que les eaux refluent. 18,7 millions de personnes ont été affectées à divers degrés par les pluies de mousson. Plus de huit millions de sinistrés ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence et 4,8 millions sont sans abri, selon l'ONU.
Les humanitaires redoutent que les pénuries alimentaires et la malnutrition d'aujourd'hui ne se transforment en famine dans les prochains mois, sans compter les risques d'épidémies parmi des sinistrés démunis de tout.