Après le nord-ouest et le centre du Pakistan, plusieurs villes et villages de la région du sud sont menacés par les inondations et les pluies diluviennes. Par conséquent, le pays a décrété l'alerte rouge vendredi (6 août).
Les autorités pakistanaises ont réagi en évacuant au moins 500.000 personnes qui vivent dans les onze districts les plus vulnérables. En attendant une accalmie, ils ont été relogés dans des abris de fortune.
Météo : les bulletins ne sont pas encourageants
Les pluies de mousson vont continuer à tomber et gagner les terres fertiles du sud ! Les autorités de la province du Sind, la plus peuplée du pays, rappellent que d'importantes précipitations sont attendues ce week-end dans la région de Katcha, le long de l'Indus.
Le niveau des eaux continue de s'élever dans le nord de la province et pourrait atteindre la ville de Sukkur samedi (7 août), a précisé le météorologiste, Hazrat Mir.
Au moins 1.600 personnes dans la seule région du nord-ouest
"Les pluies incessantes ont aggravé la situation dans les régions déjà inondées" a ajouté Saleh Farooqui, directeur général de l'Autorité provinciale de gestion des catastrophes. Ces intempéries ont déjà causé le décès d'au moins 1.600 personnes dans la seule région du nord-ouest du Pakistan.
Les pluies torrentielles ont affecté 4,5 millions de personnes, selon le Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU et les sans-abri se comptent par milliers.
Douze millions de personnes seraient touchées par ces inondations notamment dans les provinces du Pendjab et de Khyber Pakhtunkhwa a de son côté annoncé vendredi l'Agence nationale de lutte contre les catastrophes.
Ces inondations ont également englouti des villages entiers. Plus de 252.000 maisons pourraient avoir été endommagées ou détruites dans le nord-ouest et le centre du Pakistan, touchés avant le Sind. Des infrastructures et des récoltes ont également été affectées par ces inondations, les pires depuis 80 ans.
Plus au nord, ils fuient aussi
Dans la province centrale du Pendjab, des milliers de personnes fuyaient leurs villages inondés. Les autorités du Pendjab craignent notamment des ruptures de barrages près de la ville de Kot Addu, une zone déjà transformée en lac géant par les pluies.
"Tous ces villages sont désormais dangereux. D'importantes infrastructures sont menacées" a déclaré Manzoor Sarwar, chef de la police du district de Muzaffargarh, en annonçant l'évacuation des habitants de la zone.
L'activité des centrales électriques perturbée
Au Pakistan, les inondations menacent aussi une partie de l'approvisionnement électrique. Les autorités ont décidé de suspendre certaines opérations dans des centrales. "L'eau des inondations a atteint jeudi soir le mur d'enceinte de la centrale à Kot Addu (1.200 mégawatts)" a déclaré Mohammad Khalid, directeur général de la compagnie nationale Pakistan Electric Power Co. "Actuellement, seulement trois unités sur douze fonctionnent et ne produisent que 300 mégawatts d'électricité" a-t-il dit, ajoutant toutefois que l'eau recule.
Mohammad Khalid a précisé que dans la province de Khyber Pakhtunkhwa (nord-ouest), trois stations alimentant le réseau électrique avaient été fermées par les inondations à Dera Ismail Khan, Swat et Shangla. Selon Sohail Tipu, haut fonctionnaire dans la province du Punjab (centre), la localité de Kot Addu avait été coupée suite aux inondations. Il faudra des semaines avant que les centrales électriques et d'autres infrastructures fonctionnent de nouveau normalement.

L'ambassade américaine à Islamabad a indiqué que des hélicoptères de l'armée américaine ont participé jeudi à des missions d'assistance aux sinistrés dans le nord du pays.
Ces derniers ont largué 66.000 livres d'aide et évacué plus de 800 personnes de Kalam.