De grandes quantités de méthane sont relâchées dans l'atmosphère quand la toundra de l'Arctique gèle à nouveau au début de la période hivernale. Selon une étude parue dans la revue Nature jeudi, ce phénomène pourrait expliquer les bizarreries remarquées dans les concentrations de méthane dans l'atmosphère des hautes latitudes. Les chercheurs ont mesuré le méthane dans l'atmosphère de la vallée Zackenberg (nord-est du Groenland) au moment où le sol commençait à geler à la fin de l'automne et au début de l'hiver.
Les émissions de méthane ont baissé après la saison de pousse de la flore avant de reprendre de la vigueur au moment du gel. Selon un constat fait par les scientifiques, le sol de la toundra arctique dégage au cours de cette période à peu près autant de méthane que pendant tout l'été".
Le méthane reste dans l'atmosphère une douzaine d'années
Cette étude "n'augmente pas vraiment les estimations des émissions en provenance des hautes latitudes du Nord mais elle change notre vision quant à leur distribution saisonnière", concluent les chercheurs. Des spécialises alertent sur le rôle dans le réchauffement climatique actuel du méthane, notamment issu des zones marécageuses et de la fonte du permafrost dans les zones arctiques. Ce gaz à effet de serre reste dans l'atmosphère une douzaine d'années.
Une étude publiée par la revue Nature il y a quelques mois indiquait que la déglaciation et le réchauffement qui avaient mis fin à la période où la Terre était une "boule de neige" il y a quelque 600 millions d'années, auraient été provoqués par un fort relâchement de méthane par le permafrost.
Le saviez-vous ?
Le permafrost est un sous-sol gelé en permanence.