La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a jugé jeudi irrecevable la saisine d'un juge martiniquais dans l'enquête sur le pesticide chlordécone, tout en confirmant la régularité de l'information judiciaire ouverte à Paris, a-t-on appris de source judiciaire.
Une information judiciaire contre X avait été ouverte en 2007 pour "mise en danger d'autrui" par le parquet de Fort-de-France (Martinique) à la suite de plaintes déposées par deux associations, l'Union régionale des Consommateurs et l'Union des producteurs de Guadeloupe, avec le soutien des Verts.
Cette information judiciaire, menée par un juge d'instruction, avait ensuite été délocalisée au pôle de santé publique du tribunal de grande instance de Paris. Mais cette procédure était menacée de nullité, l'ordonnance de désignation du juge d'instruction en Martinique étant absente du dossier.
Selon ses détracteurs, ce pesticide est qualifié de "monstre chimique" ! La molécule chlordécone infesterait encore au moins 20 % des surfaces cultivables des Antilles françaises, est responsable d'une hausse des cas de cancer, en particulier du pancréas.
De 1972 à 1993, cette molécule d'origine américaine a été épandue au sol pour protéger les bananes des charançons, en particulier après les fortes pluies ou le passage des ouragans. Sa production a été stoppée aux Etats-Unis au début des années 1990 après un cas de pollution.
Sa persistance dans les sols - jusqu'à sept siècles - et le risque de contamination des aliments ont justifié en 2008 l'adoption du plan chlordécone en Guadeloupe et en Martinique pour évaluer l'importance de la pollution, ses impacts et déterminer comment s'en protéger.
Le chlordécone a également été abondamment utilisé en Allemagne et en Europe de l'Est, selon un rapport parlementaire français.