Un rapport parlementaire intitulé "Pesticides et santé" et publié mercredi (28 avril) met en garde contre une diminution "trop brutale" de l'utilisation des pesticides en France.
En diminuant trop brutalement l'utilisation des pesticides, le milieu agricole pourrait en souffrir : diminution des rendements, hausse des prix, possible disparition de nombreuses productions, résistance des ravageurs...
Le rapport suggère aussi :
de simplifier la réglementation en autorisant "l'usage des produits phytopharmaceutiques pour une famille de plantes et pas uniquement pour une variété précise" et "en rendant plus lisibles les conditions d'autorisation concernant les mélanges de produits".
de "favoriser la traçabilité et l'enregistrement au niveau individuel des expositions aux pesticides en milieu professionnel" et de renforcer la recherche sur les effets des expositions à de multiples produits phytopharmaceutiques (phytosanitaires).
d'instaurer comme aux Etats-Unis "des licences professionnelles sans lesquelles il n'est pas autorisé de commercialiser, d'acheter et d'utiliser des pesticides".
de mettre au point "un indicateur de pression sur l'environnement qui pourrait mesurer les quantités de matières actives utilisées et pas seulement "les quantités de pesticides présentes dans l'environnement".
de "renforcer l'information, la formation et la qualification des professionnels", "vulgariser les techniques qui permettent d'économiser les intrants", "informer les utilisateurs non professionnels des risques liés à l'exposition aux pesticides et des dangers de pollution de l'environnement".
d'"orienter la recherche pour proposer des substances plus efficaces, plus ciblées, toujours moins dangereuses pour l'homme et son environnement", et de "favoriser les recherches en biotechnologie végétale permettant de créer des variétés de plantes résistantes aux ravageurs des cultures".
La France, première consommatrice de pesticides
Ce texte rappelle que la France est le premier producteur agricole européen mais qu'elle occupe aussi la première place en Europe pour la consommation de pesticides.
Si l'on considère le volume appliqué par hectare de terre arable, elle est 4ème derrière le Portugal, les Pays-Bas et la Belgique.
Les pesticides et leurs résidus "sont présents dans tous les compartiments de l'environnement" selon le rapport. Mais leur usage est "très sérieusement limité et encadré".
Si les rapporteurs comprennent les inquiétudes du public par rapport aux pesticides, ils se demandent si "les bénéfices liés à l'usage des pesticides sont suffisamment pris en considération".
En effet, leur usage garantit à l'agriculteur "la sécurité de revenus stables", et au consommateur des produits "accessibles au plus grand nombre".
Mais qu'en est-il des effets sur la santé ?
"Aucune étude scientifique n'est en mesure aujourd'hui de faire chez l'homme un lien entre la consommation d'aliments issus de l'agriculture conventionnelle qui utilise des produits phytopharmaceutiques et la survenue de maladies" estime le rapport.
Les agriculteurs, certes, souffrent davantage de certaines maladies, comme les cancers de la prostate ou des lèvres, des maladies respiratoires ou de troubles de la reproduction. Mais, note le rapport, "ils ne sont pas exposés aux seuls pesticides".
Ce rapport a été conduit par le député UMP Claude Gatignol, vétérinaire, et le sénateur UMP Jean-Claude Etienne, professeur de médecine, sous l'égide de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques.