Plus de 40 ans après le naufrage du Torrey Canyon, la lutte contre les pollutions accidentelles en mer a nettement progressé, mais beaucoup reste à faire contre les pollutions chimiques, affirment des experts lors de la conférence internationale Interspill 2009, qui se tient à Marseille.

Une meilleure connaissance de la pollution aux hydrocarbures
Du naufrage du Torrey Canyon en 1967 près des côtes britanniques, à celui du pétrolier Prestige au large de la Galice en 2002, en passant par celui de l'Erika, la connaissance des pollutions par hydrocarbures et des techniques de nettoyage dans ce type d'accident s'est grandement amélioré, constatent les experts, industriels et fabricants présents pour cette conférence de deux jours.
Les experts évaluent à 80.000 tonnes d'hydrocarbures par an les rejets des navires dans l'océan
Près de 200 pollutions dues à des rejets de substances nocives ou d'hydrocarbures sont enregistrées chaque année au large des côtes françaises, selon le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage en Méditerranée.

Mais encore beaucoup de produits chimiques mal connus déversés dans l'océan
En ce qui concerne les substances nocives et potentiellement dangereuses (HNS), « la marge de travail est gigantesque, beaucoup de travail reste à faire sur la connaissance (de ces produits) quand ils se déversent », explique Christophe Rousseau, du Centre de documentation de recherche et d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux (Cedre).
La difficulté provient de la diversité de ces produits chimiques, et des risques liés à leur déversement : « il serait malhonnête de dire au public que nous sommes en mesure de tout gérer », affirme M. Rousseau.
L'autre obstacle dans la maîtrise des risques liés aux produits chimiques réside dans leur traçabilité. En effet, si les autorités peuvent quantifier les tonnes d'hydrocarbures transportées, « cela est très difficile pour les HNS », explique Frédéric Herbert, du Centre régional méditerranéen pour l'intervention d'urgence contre la pollution marine accidentelle (Rempec).
« 90% des biens consommés tous les jours, du cirage au white spirit », potentiellement classés dans les produits dangereux, transitent par mer, et « l'Union européenne met en place un système de suivi afin de savoir quel type de marchandises est transporté dans les navires », précise-t-il.