Des centaines de femmes habitant la région de Naples se sont rendues dimanche en procession au sanctuaire marial de Pompéi afin de protester contre l'ouverture d'une seconde décharge d'ordures sur le territoire de la commune de Terzigno, près de Pompéi et Boscoreale et à une vingtaine de kilomètres au sud-est de Naples. Certaines d'entre elles arboraient un T-shirt noir portant l'inscription "Non aux décharges dans le parc national du Vésuve".
Une nouvelle décharge = risques pour la santé
Les résidents estiment en effet que la gestion du site déjà existant est anarchique, que les risques sanitaires sont bien réels et que des odeurs nauséabondes se dégagent. "Il y une école primaire à moins de 300 mètres de la décharge!" s'est indignée une des manifestantes.
Au cours de la célébration religieuse, l'évêque de Pompéi, Mgr Carlo Liberati, a apporté son soutien aux manifestantes : "La deuxième décharge de Terzigno ne doit pas être ouverte". "Même la zone de Pompéi commence à être infectée par les miasmes de la décharge".
L'union fait la force
Le maire de Pompéi, Claudio D'Alessio, a rejoint les manifestantes et l'évêque : cette nouvelle décharge causerait "un dommage incalculable" au site archéologique visité chaque année par six millions de touristes. "Il est terrible que des personnes âgées et des enfants soient obligés de respirer cette puanteur insupportable".
La gestion des ordures... un problème récurrent dans la région de Naples
Le dernier épisode remonte au 24 septembre quand des centaines de tonnes d'ordures avaient de nouveau envahi les rues de la ville lors d'un conflit social.
Après un spectaculaire amoncellement de déchets dans la région pendant l'été 2007, la Commission européenne avait introduit la même année un recours en justice contre l'Italie.
Début mars, le Cour de justice de l'Union européenne avait épinglé Rome, l'accusant de ne pas disposer d'un réseau adéquat pour éliminer les déchets dans cette région, en évoquant des dangers pour la santé et des préjudices à l'environnement.
La mafia napolitaine, la Camorra, est pointée du doigt depuis des années comme responsable de la situation car elle a infiltré le marché rémunérateur de la gestion des déchets.