Le rapporteur spécial de l'ONU sur les déchets toxiques déversés par le cargo Probo Koala à Abidjan (Côte d'Ivoire) en 2006, a établi un lien "solide" entre cette pollution et les morts et blessures d'habitants d'Abidjan : "Ce rapport conclut qu'il existe des preuves solides indiquant que des violations des droits de l'homme sont survenues suite à cet incident" a affirmé Okechukwu Ibeanu.
Y a-t-il des preuves scientifiques ?
Okechukwu Ibeanu a expliqué qu'il ne disposait pas des "preuves scientifiques" permettant d'étayer sa thèse. "Les scientifiques ne sont pas tous d'accord" sur les effets des 500 tonnes de résidus toxiques déversés en Côte d'Ivoire en août 2006.
Des milliers de personnes malades
Cette pollution avait causé la mort de 15 personnes et l'hospitalisation de 69 autres. Des données officielles signalent que plus de 108.000 consultations ont suivi après cet incident. Selon le rapporteur, "ce n'est pas une coïncidence si des milliers de personnes ont été malades après le déversement des résidus". "Il existe une base solide pour conclure que les morts et maladies étaient directement et indirectement liées au déversement" a-t-il insisté.
"Les personnes résidant dans les zones à proximité du site contaminé ont été directement exposées aux déchets" soit à travers la peau, soit en respirant les substances volatiles, précise le rapport qui estime que ces décès constituent une "violation du droit à la vie".
En octobre 2008, deux responsables locaux impliqués dans l'affrétement du Probo Koala ont été condamnés à 20 et 5 ans de prison à Abidjan.
Trafigura nie toute responsabilité
"Le rapporteur spécial est parvenu à des conclusions prématurées, erronées et potentiellement préjudiciables, qui ne sont aucunement soutenues par des preuves vérifiables" ajoute Trafigura.
Cette multinationale, qui était l'affréteur du Probo Koala, a toujours contesté l'idée que les déchets déversés aient pu causer les morts et blessures évoqués.
Selon Trafigura, des experts indépendants ont effectué une série de tests sur plusieurs sites à Abidjan, qui n'ont permis d'identifier aucun composant issu des "slops" (le mélange d'essence, soufre, soude caustique, à forte concentration en mercaptan déchargé du Probo Koala) et ont donc conclu à l'absence de risques pour la santé en ces lieux.
La compagnie Trafigura, qui a affrété il y a trois ans le vraquier Probo Koala pour transporter des boues toxiques retrouvées dans des décharges à ciel ouvert d'Abidjan, est sur le point de s'entendre sur le montant des dommages.
Un autre procès devrait se tenir en 2010 aux Pays-Bas.