Il y a encore un an des publicitaires utilisaient de faux arguments écologiques ou prônaient des comportements mauvais pour l'environnement afin de vendre leurs produits...
...Quelques mois plus tard, il sembleraient que ces mêmes publicitaitres aient fait des efforts considérables. C'est du moins l'avis du ministre du Développement durable Jean-Louis Borloo et de la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Chantal Jouanno qui ont dressé un bilan positif de la charte pour une publicité "éco-responsable".
Les grands principes de cette charte
La charte pour une publicité "éco-responsable", signée en avril 2008, fixait de grands principes : terminées les mises en scène de véhicules tout terrain dans une jungle ou un désert, finies les promesses d'une énergie plus verte si elle ne l'est pas, bannies les incitations à polluer ou abîmer la nature.
"En dépit d'un recours de plus en plus important à l'argument écologique dans les publicités, le taux de manquement a été divisé par deux" : de 6% en 2006 à 3% en 2009, a souligné Jean Pierre Teyssier, président de l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP). Sur 16.000 publicités analysées entre janvier et juin 2009, 988 ont misé sur la fibre verte. Sur ce nombre, cette Autorité a pointé 28 manquements et émis 73 réserves.
Un jury de déontologie publicitaire et un conseil paritaire de la publicité avaient été créés. Le jury de déontologie a ainsi émis un avis défavorable à une publicité de France Betteraves laissant croire que le bioéthanol était "une source inépuisable d'énergie renouvelable" et à une de Poweo qui dissuadait d'éteindre son ordinateur quand on ne l'utilise pas.
Les associations moins enthousiastes
En effet, elles regrettent l'absence de sanctions pour les contrevenants ! "L'action de l'Etat se résume à tirer, une fois l'an, un bilan de son inaction en matière de contrôle de la publicité" a déclaré Agir pour l'environnement.
"Le système actuel doit encore être corrigé pour devenir bien plus performant et mettre un terme aux mensonges publicitaires" a réagi Sébastien Genest, président de France Nature Environnement.
Pour les associations, les mauvais élèves de l'"écoblanchiment" doivent être punis : "nous allons regarder de très près toutes les publicités et nous irons au plan judiciaire si cela s'avère nécessaire" menace Reine-Claude Mader, présidente de Consommation, Logement et Cadre de vie.
"L'absence de sanctions, alliée à un autocontrôle laxiste, est une invite faite au petit monde de la pub à ne pas respecter des engagements fussent-ils virtuels et peu contraignants" renchérit Agir pour l'Environnement, critiquant en particulier "le secteur des transports".
L'Observatoire indépendant de la publicité dénonce "une vision en trompe-l'oeil de l'écoblanchiment en France". Il pense que le système de contrôle est "perfectible" car beaucoup de réclames "sont passées au travers des mailles du filet".