La secrétaire d'Etat à l'Ecologie Chantal Jouanno vient de mettre en place le nouveau Conseil national des déchets, dont la mission...prioritaire sera de réduire à la source de la production de déchets.
"La priorité des priorités, c'est la prévention (de la production) des déchets" a indiqué Chantal Jouanno.
Ce Conseil national des déchets, qui sera présidé par la députée UMP de la Sarthe Fabienne Labrette Menager, est chargé d'assurer le suivi du plan d'actions gouvernemental sur 2009-2012.
Que prévoit ce plan ?
- Une réduction de 7% la production de déchets ménagers par habitant sur les cinq prochaines années
- Une amélioration du taux de recyclage matière et organique à 35% en 2012 (contre 24% actuellement), à 45% en 2015 pour les déchets ménagers et à 75% dès 2012 pour les déchets des entreprises et les emballages.
Chantal Jouanno a estimé qu'il y avait "une grande marge de progrès" à faire dans le domaine de la valorisation des déchets organiques, qui représentent 50% des déchets ménagers, évoquant notamment le compostage et la méthanisation.
Déchets : quand Syctom lance un cri d'alarme
François Dagnaud, le président du Syctom, premier syndicat de traitement des ordures ménagères de France, a lancé un cri d'alarme sur l'affectation du produit de la taxe sur les incinérateurs et l'enfouissement.
"Au lieu de nous priver d'investir, il faudrait nous aider" a déclaré François Dagnaud, à propos de la taxe générale sur les activités polluantes appliquée aux incinérateurs depuis 2008 et renforcée au même moment sur l'enfouissement, une décision issue du Grenelle de l'environnement.
Le principe de cette taxe renforcée n'est pas remis en cause
Mais il souhaite simplement que "l'argent prélevé sur les déchets revienne aux déchets, et notamment aux collectivités à qui on demande de financer de nouveaux équipements". Selon les chiffres, sur les 186 millions d'euros perçus en 2009 par l'Agence pour le développement et la maîtrise de l'énergie au titre de la taxe générale sur les activités polluantes, seuls 27 millions d'euros sont consacrés aux plans de prévention des déchets.
Sur la période 2009-2015, le Syctom va payer 50 millions d'euros au titre du surcoût de la taxe générale sur les activités polluantes renforcée : "ce qui correspond au coût (de la création) d'un centre de tri à Paris" a déclaré François Dagnaud.
"Là, je dis stop. Au moment où on nous demande d'aller plus vite pour investir dans des équipements vertueux, on nous met du plomb sous les ailes" a-t-il regretté.
Le Syctom rassemble 84 communes de cinq départements d'Ile-de-France, soit 5,5 millions d'habitants, et a traité 2,4 millions de tonnes de déchets ménagers en 2008.