 | Selon une information exclusive de LCI, un incident survenu ce matin à la centrale nucléaire de Tricastin, a conduit à l'évacuation de 127 employés à la suite du déclenchement d'une alarme.
EDF indique par l'intermédiaire de son porte- parole qu' "il n'y a pas d'incident, il s'agissait d'une alarme intempestive". Les procédures habituelles ont été déclenchées et plusieurs dizaines de salariés ont été conduits à l'infirmerie. "Le médecin a conclu à l'absence de contamination", souligne le porte-parole qui indique qu'une enquête technique était en cours pour déterminer l'origine de l'alarme.
De son coté, la CGT explique que de faibles traces de contamination ont été retrouvées dans deux cas, mais il s'agissait de deux salariés légèrement contaminés lors de la fuite enregistrée le 23 juillet dernier, dans ce même bâtiment contenant le réacteur n°4.
La centrale de Tricastin emploie 1.200 agents EDF et 550 prestataires (source EDF). Elle est implantée sur la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux dans la Drôme. Elle est équipée de quatre réacteurs d'une puissance de 900 mégawatts.
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RETROUVEZ LE FIL DES PRECEDENTS EVENEMENTS SURVENUS A TRICASTIN Des traces radioactives avaient été détectées chez 100 employés de la centrale nucléaire EDF du Tricastin, légèrement contaminés le mercredi 23 juillet. Quelques heures après, le médecin affirmaient que les traces étaient infimes. Tous les salariés qui éliminent "par voies naturelles", avaient d'ailleurs repris leur actifivité.
Un tuyau à l'intérieur du bâtiment a été ouvert et de la poussière radioactive s'en est échappée lors d'une opération de maintenance dans le bâtiment d'enceinte du réacteur N.4. Ce nouvel incident avait légèrement contaminé cent agents d'EDF et d'entreprises sous-traitantes. Ces salariés avaient été évacués vers l'infirmerie pour des examens médicaux après avoir été légèrement contaminés par des radio-éléments quarante fois inférieurs à la limite réglementaire annuelle. Cet incident est survenu lors d'un arrêt de tranche alors que le combustible avait été retiré du réacteur pour des travaux de maintenance. Stéphanie Biabaut, chargée de communication de la centrale, a précisé mercredi dans la soirée : "Des investigations se poursuivent pour déterminer les causes de cet évènement, qui n'a pas de conséquence ni sur la santé des personnes, ni sur l'environnement".
Ce quatrième incident en...quinze jours a été classé au niveau 0 de l'échelle INES qui va jusqu'à 7. Le directeur général de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), Jean-Christophe Niel, a avoué qu'il "n'y avait aucun lien entre les deux incidents" survenus au cours des dernières semaines au Tricastin.
Deux perquisitions réalisées respectivement les 11 et 22 juillet par la gendarmerie, ont été menées à l'usine Socatri, responsable de la fuite d'uranium sur le site nucléaire de Tricastin. Le groupe Areva n'a fait aucun commentaire. Au-delà de la pollution engendrée par le rejet de 74 kilogrammes d'uranium dans deux cours d'eau, La gaffière et le Lauzon, dans la nuit du 7 au 8 juillet dernier, une polémique est née sur les conditions, notamment les délais, dans lesquelles l'incident a été signalé aux autorités par la direction de l'usine.
Des centaines d'évènements classés "zéro" sont constatés chaque année. Ce n'est pas vraiment rassurant ? La Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) est d'ailleurs inquiète : "Les contaminations de ce type, c'est un problème récurrent. Mais autant de personnes en si peu de temps, cela nous inquiète". La dernière contamination en date s'est produite le vendredi 18 juillet 2008. Quinze personnes avaient été légèrement contaminées par des radio-éléments sur un chantier de maintenance d'une unité de production de la centrale nucléaire de Saint-Alban/Saint-Maurice en Isère. Cet incident n'avait pas été classé par l'ASN.
Dans un communiqué, Greenpeace avait déclaré : "Considérés comme anomalie ou simple écart, tous ces incidents mettent à jour la dangérosité d'une technologie mal maîtrisée".
Les deux fuites survenues en France depuis le 7 juillet dernier et les deux contaminations de salariés suscitent de nombreuses inquiètudes. Toutefois, le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, croit et veut toujours défendre la filière nucléaire : "Ces incidents ne mettent pas en cause la filière nucléaire. Demain, on peut avoir un drame sur un barrage sans pour autant remettre en cause la façon dont la sécurité est assurée. Des drames, il y en a déjà eu. On ne remet pas en cause la filière nucléaire mais en revanche on peut remettre en cause certaines pratiques".
 Il a ensuite ajouté : "Des cercles de réactivité et des cercles de transparence vont être mis en place. L'énergie n'est pas une chose simple, ni un produit banal. Le nucléaire est une filère extrêmement importante qu'il faut réconcilier avec les écosystèmes et la biodiversité".
Le réseau "Sortir du Nucléaire" n'a pas adopté le même discours et pense que tous ces incidents peuvent avoir de graves conséquences sur les individus et l'environnement : "Les discours officiels prétendent que ces contaminations ne sont pas dangereuses mais nous vous rappelons que, dès 1990, la très officielle Commission Internationale de Radioprotection a admis que toute dose de rayonnement comporte un risque cancérigène et génétique". Le réseau a rajouté : "Il est grand temps de débattre de la sortie du nucléaire (...) Il faut prendre conscience de la gravité du risque nucléaire et de l'imminence d'un accident voire d'une catastrophe en France". Ce n'est pas très rassurant !
Un premier incident survenu le 7 juillet dernier à l'usine de retraitement Socatri, autre filiale d'Areva, située sur le site nucléaire de Tricastin, avait provoqué une fuite d'effluents radioactifs dans les cours d'eau proches du site.
Rappel des faits (au jeudi 24 juillet 2008) Suite au débordement d'une cuve de rétention -fissurée- lors d'une opération de nettoyage, un rejet accidentel de 74 kilogrammes d'uranium avait contaminé les cours d'eau proches du site. D'ailleurs à ce jour, la consommation d'eau, l'arrosage, la pêche et la baignade sont toujours interdites alors que les derniers prélèvements effectués ne relèvent aucune trace de pollution dans les cours d'eau et les nappes phréatiques...
Le directeur général de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, Jacques Repussard, avait affirmé que l'enquête concernant cette affaire était terminée : "Du point de vue sanitaire et environnemental, cet incident est sans conséquences. Des contrôles toxicologiques menés sur dix-neuf personnes ayant consommé de l'eau sont négatifs".
Samedi 19 juillet 2008 : la directrice du groupe nucléaire Areva, Anne Lauvergeon, avait déclaré samedi : "Je reconnais les erreurs de la filiale Socatri mais je dénonce aussi l'emballement médiatique et administratif qui a suivi. L'incident est clos. Personne n'a été contaminé et l'environnement n'est pas menacé. Ce type d'incident est toujours rendu public. Areva en a enregistré sept l'an dernier, le Commissariat à l'énergie atomique et EDF en ont compté 79". Elle a ensuite ajouté : "Ces affaires ne remettent pas en cause le modèle français du nucléaire et son système de contrôle qui répond aux normes internationales les plus draconiennes
...Quelques jours après cet incident classé au niveau 1 sur l'échelle INES, des taux anormaux d'uranium avaient cependant été détectés mais ils n'auraient rien à voir avec la fuite de l'usine Socatri. D'où proviennent donc ces taux anormaux d'uranium ? Pour la Commission de recherche et d'informations indépendantes sur la radioactivité (Criirad), cette pollution est due à la présence dans l'enclave de Tricastin de déchets radioactifs d'origine militaire. Ces déchets polluants ont été enterrés entre 1964 et 1976 sous une butte de terre dans la partie Nord-Est du site.
Alain Girard, le directeur de l'Autorité de sûreté nucléaire de défense a déclaré : "Ces concentrations en uranium inexpliquées sont sans rapport avec l'existence d'une ancienne usine militaire. Cette butte est connue et surveillée.
 Jeudi 17 juillet dans la soirée : Areva avait annoncé le remplacement du directeur général de la Socatri et a fait son mea culpa en reconnaissant les dysfonctionnements . Le nom de son remplaçant est encore tenu secret. Quant au ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, il a annoncé que toutes les nappes phréatiques se trouvant à proximité de toutes les centrales nucléaires françaises seront controlées. Ce dernier a notamment déclaré : "Je réclame la transparence, la transparence, la transparence".
Pour les écologistes, dont certaines questions restent sans réponse, cette affaire de Tricastin démontre que l'impact environnemental de la technologie nucléaire n'est pas maîtrisé.
APRES TRICASTIN, ROMANS-SUR-ISERE
Une nouvelle fuite d'effluents radioactifs, qui durait depuis 2006, avait été découverte le 18 juillet dans une usine exploitée par une filiale d'Areva près de Romans-sur-Isère (Drôme). Cette fuite, survenue après une rupture d'une canalisation, avait été constatée lors d'une opération d'entretien. L'Autorité nucléaire de sûreté estime entre 700 et 800 grammes la quantité d'uranium enrichi qui aurait quitté la canalisation pour un caniveau en béton. Quelques heures plut tard, Areva certifiait que cette fuite avait été circonscrite : "Le dispositif de surveillance montre que cet incident n'a eu aucun impact sur l'environnement et la tuyauterie défaillante a été fermée par les équipes" a expliqué le groupe. Ce nouvel incident a toutefois suscité de vives réactions des écologistes et conduit le ministre de l'écologie, Jean-Louis Borloo, à une remise à plat des dispositifs d'information et d'analyse.
Ce dernier avait assuré vendredi (18 juillet) en début d'après-midi que la fuite d'uranium n'aurait pas de conséquences sanitaires sur l'environnement et sur la santé humaine : "Ne surdimensionnons pas, il y a 115 petites anomalies par an, il faut qu'on continue à les traiter. On est sur des sujets sans effet sur l'environnement et sans effet sur la santé".
Jean-Christophe Niel, directeur général de l'Autorité de sûreté nucléaire a également confirmé que cette fuite était sans gravité et sans conséquences sur l'environnement : "Pour l'uranium, on est en dessous des seuils. Cet incident n'est pas acceptable mais les enjeux sur l'environnement ne présentent pas de risques avérés. Cet incident n''est pas différent des cent autres" de même nature qui serait répertorié chaque année en France.

Pour Anne Souyris, porte-parole des verts, la France est "la plus grande poubelle nucléaire mondiale" et ces deux incidents "le prouvent une fois de plus". Greenpeace France a avoué : "Les incidents de Tricastin et de Romans-sur-Isère viennent nous rappeler une réalité toute simple : le nucléaire est une énergie polluante, dangereuse et mal maîtrisée".
 La présidente du directoire d'Areva, Anne Lauvergeon, très critiquée par l'organisation "Sortir du Nucléaire" qui demande sa démission, a fait son mea culpa : "Je crois que nous avons sous-estimé l'émotion suscitée par cet évènement autour du Tricastin. Néanmoins aucun incident survenu dans les installations du groupe n'a eu d'impact sur la santé des personnels et des riverains
 Après cette nouvelle fuite sur le territoire français, des questions se posent : nos centrales nucléaires sont-elles trop vieilles ? Ou encore y a-t-il trop de négligences de la part du personnel de ces centrales nucléaires ?
Quelques heures après cette deuxième fuite, Jean-Louis Borloo a précisé "qu'une remise à plat des pratiques sur la sûreté nucléaire (transparence, contrôles...) sera réalisée d'ici à l'automne. Le Haut-comité sur la transparence devra remettre à plat l'ensemble du système de procédures, évaluer l'ensemble des nappes phréatiques sous les installations nucléaires, faire le point sur les déchets nucléaires anciens... Je mets un accent très fort sur la réactivité : le fait que l'opérateur doit informer immédiatement, pas trois heures après... Je souhaite aussi qu'il se dote d'outils pour que lui-même ait l'information plus vite". Il a enfin précisé : "Le nombre d'incidents de niveau 1 était de 114 en 2006 et de 86 en 2007 soit une baisse de quelque 30 %".
Le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, avait déclaré dans une interview publiée dans Le Parisien (de jeudi 17 juillet) : "Lorsqu'on travaille dans le domaine du nucléaire, aucune négligence ne peut exister. Et la transparence doit être transparence". Il semblerait que la CGT soit du même avis : "La filière nucléaire doit être exemplaire du point de vue de la sécurité. Il faut prendre en compte les conditions de travail des salariés pour assurer la sécurité nucléaire. La transparence et la capacité des salariés à intervenir sur l'organisation du travail sont des conditions essentielles pour assurer un haut niveau de sûreté des installations. Pour la CGT, l'amélioration de la sûreté des installations nucléaires passe par un renforcement de la transparence, du dialogue social et sociétal et des droits d'intervention des citoyens et des salariés à tous les niveaux.
L'incident a eu lieu dans l'usine franco-belge FBFC (Franco-Belge de Fabrication du Combustible). Cette usine fabrique et assemble des combustibles nucléaires notamment pour les réacteurs à eau sous pression. Selon la FBFC, cette canalisation enterrée relie un atelier de fabrication de combustible CERCA à une station de traitement. L'Autorité de sûreté nucléaire a relevé ces dernières années chez FBFC plusieurs incidents de niveau 1considérés comme mineurs. L'Autorité de sûreté nucléaire a d'ailleurs classé cet incident au niveau 1 de l'échelle des incidents nucléaires (INES) qui va de 0 à 7.
 L'échelle...quoi... L'échelle INES ?
A la fin des années 1980, la France a mis en place une échelle de gravité des évènements nucléaires, dont l'AIEA s'est inspirée pour inventer l'échelle INES (International Nuclear Event Scale). Cette échelle, qui est utilisé au plan international depuis 1991, est destinée à faciliter la perception par les médias et le public de l'important des incidents et des accidents nucléaires. L'échelle INES s'applique à tous les évènements qui se produisent dans des installations nucléaires de bases (INB) civiles et classées secrètes ou encore durant le transport de matières nucléaires. Ces évènements sont classés par l'Autorité de sûreté nucléaire selon huit niveaux (de 0 à 7).
L'usine, qui doit maintenant procéder au nettoyage de la zone contaminée, a reçu l'ordre d'analyser la totalité des matériaux retirés pour évaluer la masse d'uranium présente. Cette ordre provient de l'Autorité de sûreté nucléaire.
Le président du conseil général de la Drôme, Didier Guillaume (PS) a trouvé ce nouvel incident regrettable : "La rupture de la canalisation de l'usine de fabrication de combustible de Romans-sur-Isère est un incident regrettable parce qu'il se rajoute à tout ce qui s'est passé depuis une dizaine de jours sur le site de Tricastin. D'après les informations fournies par l'exploitant Areva ce matin , c'est apparemment sans gravité, sans suite et sans problème".
 France Nature Environnement, une association écologiste, a indiqué après les deux fuites radioactives survenues au Tricastin (Vaucluse) et à Romans-sur-Isère (Drôme) au cours de ces derniers jours : "A chaque fois, l'information est verrouillée par l'Autorité de sûreté du nucléaire et la politique en est réduit au rôle de commentateur sportif de ce trafique Tour de France des accidents nucléaires. Aujourd'hui, la politique a perdu le contrôle du nucléaire".
L'ancienne ministre de l'écologique, Corinne Lepage, a déclaré : "Les incidents à répétition et la découverte d'une pollution de la nappe phréatique du Tricastin mettent en lumière les défaillances de la filière nucléaire, dues notamment à un sous-investissement dans la sécurité, la protection de la santé humaine et de l'environnement... Il est évident qu'avant de faire, comme le veut le gouvernement, un nouveau choix pour le tout-nucléaire, cette évaluation soit faite et comparée aux autres choix que sont l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables"
Selon l'Autorité de sûreté nucléaire, cet incident n'a aucune similitude avec celui qui s'est produit dans l'usine Socatri située sur le site nucléaire de Tricastin (Vaucluse) dans la nuit du 7 au 8 juillet dernier : "Il s'agit d'un incident de nature très différente. De notre point de vue, il n'y a absolument pas de lien avec Socatri car il n'y a pas du tout d'impact sur l'environnement". Pour plus d'infos, découvrez ci-dessous tous les sujets et toutes les réactions .
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