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22 mars 2010 -
07h35 :
Ressources en eau : le ton est alarmant
[ ENVIRONNEMENT ]

Si nous n'y prenons garde, une crise planétaire des ressources en eau pourrait éclater et mettre en péril le développement humain, économique ainsi que la stabilité de nombreuses régions mondiales. Alors prenez part à la Journée mondiale de l'eau qui se tient le 22 mars 2010.

Ces inquiétudes apparaissent dans le troisième rapport mondial sur les ressources en eau alors que se tiendra du 16 au 22 mars le Forum mondial de l'eau à Istanbul en Turquie. Sous la coupe de l'Unesco, 26 agences de l'ONU ont travaillé sur ce document. 

Le ton est alarmant. "En dépit du caractère vital de l'eau, le secteur souffre d'un manque chronique d'intérêt politique, d'une mauvaise gouvernance, et de sous-investissement, affirme
Koïchiro Matssura, le directeur de l'Unesco. Il faut agir d'urgence pour éviter une crise globale."

Une carte du mondeDémographie

La croissance de la population mondiale (80 millions de personnes par an) augmente bien sûr les besoins en eau de... dites un chiffre ? 64 milliards de mètres cubes chaque année. Cette croissance est surtout concentrée dans les villes dont l'approvisionnement sera l'un des grands défis.

Un champ de bléBesoins

La part de l'eau potable dans les besoins reste faible. L'agriculture, la production d'énergie pompent énormément d'eau.
En matière agricole, l'évolution des habitudes alimentaires pèse lourdement. "La croissance économique dans les pays émergents conduit à l'apparition d'une classe moyenne consommatrice de lain, de pain et de viande" peut-on lire dans ce texte. Pour produire un kilo de blé, il faut entre 400 à 2 000 litres d'eau selon les régions. Pour un kilo de viande, 1.000 à 20 000 litres d'eau sont nécessaires. 

Le développement de l'hydroélectricité assure de nos jours 20 % de la production électrique mondiale 

La production d'énergie est le deuxième secteur qui utilise beaucoup trop de cette ressource. La lutte contre les émissions de gaz à effet de serre stimule le développement de l'hydroélectricité qui assure de nos jours 20 % de la production électrique mondiale et des agrocarburants.
2.500 litres d'eau sont nécessaires à la fabrication d'un litre de carburant dit vert. Cette ressource est aussi indispensable au refroidissement des centrales thermiques et nucléaires. Il faut savoir que les secteurs du textile, de l'électronique, de l'agroalimentaires, de mines et de la métallurgie réclament de grandes quantités d'eau pour...fonctionner. 

Les glaciers du globe
Changement climatique

Les régimes hydrologiques sont aujourd'hui déréglés par le réchauffement climatique. Et les experts craignent que les sécheresses soient plus longues ou encore les inondations plus violentes et nombreuses.
Dans les régions encore riches en glaciers ou en neige, la fonte est plus précoce rendant ainsi l'eau disponible au printemps et non en été.


Le dégazage en pleine merQuelques facettes de la crise de l'eau déjà visibles !

Les conflits entre utilisateurs et les tensions entre pays se multiplient. Les écosystèmes, surexploités, se dégradent. "Dans certaines régions, la réduction des stocks et la pollution ont atteint un point de non-retour" déclarent les auteurs du rapport. Des grands fleuves comme le Colorado, le Nil ou encore le fleuve Jaune, n'atteignent plus la mer. 
L'assèchement des zones humides, la baisse des nappes souterraines, la pollution par les rejets industriels, agricoles ou urbains, la prolifération d'algues nocives ont des conséquences graves et parfois irréversibles sur la biodiversité. Elles hypothèquent aussi la capacité des écosystèmes à fournir une eau saine aux générations futures.

La sécheresseImpact économique

Les sécheresses qui ont eu lieu en Australie, en Chine et en Californie, aboutissent à une limitation de la production agricole et à des pertes économiques.
Au Kenya, l'impact combiné de la sécheresse et des inondations entre 1997 et 2000 a été évalué à 3,8 milliards d'euros.


Des victimes du choléraSanté

La crise de l'eau peut avoir de graves conséquences sanitaires. Dans les pays en développement, 80 % des maladies sont liées à l'eau car l'accès à une eau saine fait encore défaut et les infrastructures d'assainissement laissent aussi à désirer. Au 21ème siècle, elles causent encore 1,7 million de morts par an.
L'épidémie de choléra, qui sévit au Zimbabwe depuis le mois d'août dernier, a déjà tué plus de 4.000 personnes.

Enjeu politique

"Après des décennies d'inaction, les problèmes sont énormes et ils s'aggraveront s'ils ne sont pas traités. Mais si les défis sont importants, ils ne sont pas insurmontables. Il faut cesser de penser que la ressource est inépuisable et il faut refonder une gestion jusque-là non durable et inéquitable. Il faut utiliser mieux ce que nous avons" révèle le texte.

C'est la prise de conscience politique qui fait surtout défaut

Le déficit de financement des infrastructures d'approvisionnement, d'assainissement ou de stockage a longtemps été considéré comme le principal obstacle. "Les ressources consacrées à l'eau sont minuscules comparées aux sommes investies dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre ou la crise financière" notent les auteurs (...) C'est la prise de conscience politique qui fait surtout défaut : "L'eau devrait être au coeur des politiques agricoles, énergétiques, de santé, d'infrastructures, d'éducation" affirme Olcay Unver, coordinateur du rapport.


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