Lorsque l'expression « marée noire » est employée, elle est généralement associée à la notion de pollution des mers et des océans. Hors, de nombreuses marées noires se produisent loin des côtes... à l'intérieur des terres, dans les cours d'eau. Des marées noires en eaux douces, souvent ignorées ou passées sous silence.
Dans un rapport publié mercredi (le 09 mars), l'association écologiste Robin des Bois s'insurge contre la hausse, dans "l'indifférence des pouvoirs publics", des "marées noires" dans les cours d'eau de France. De multiples marées noires qui surviennent notamment après des accidents de camions dont les réservoirs se déversent.
Dans son Atlas 2008-2010, Robin des Bois recense 643 pollutions aux hydrocarbures (moyenne annuelle de 214), contre 561 (moyenne de 140) dans sa précédente édition portant sur la période 2004-2007.
Alors que la pollution aux PCB entraîne souvent des restrictions ou interdictions de pêche, ces "marées noires" s'amplifient "dans l'indifférence des pouvoirs publics", écrit l'association dans son Atlas.

L'association écologiste Robin des B
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"Il est évident qu'il y a beaucoup de pollutions qui ne sont pas connues"
Dans son Atlas, l'association souligne que ces pollutions condamnent faune et flore "à une triple peine": "le colmatage et l'engluement, la longue dégradation de l'habitat et la bioaccumulation de micropolluants toxiques et persistants comme les métaux lourds".
L'association considère comme "marée noire" tout "déversement d'hydrocarbure" (pétrole brut, carburants, huiles, solvants...) dans un cours d'eau.
Le bilan a été largement réalisé à partir d'articles de la presse régionale faisant état de ces pollutions et de leurs causes, précise Christine Bossard, chargée de campagne.
"Il est évident qu'il y a beaucoup de pollutions qui ne sont pas connues", souligne-t-elle. "Compte tenu des incertitudes des évaluations et de l'absence de quantification pour les 2/3 des déversements connus, Robin des Bois estime à 5.735.000 de litres le volume d'hydrocarbures rejetés dans les eaux douces sur les trois dernières années", précise l'association.