Cuve endommagée ? Tokyo Electric Power (Tepco) craint que la cuve du réacteur 3 de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima (nord-est du Japon) pourrait être endommagée. "Il est possible que la cuve contenant les barres de combustible dans le réacteur soit endommagée" a déclaré un responsable. "Des substances radioactives se sont échappées loin du réacteur" a expliqué Hideyuki Nishiyama, porte-parole de l'Agence japonaise de sûreté nucléaire.
Arrosage suspendu sur le réacteur 3 : vendredi, l'arrosage se poursuivait sur les réacteurs 1, 2 et 4 mais était suspendu sur le réacteur 3. Le courant a été en partie rétabli dans la salle de contrôle des réacteurs 1 et 3, mais le système de refroidissement n'a toujours pas été relancé. Quatre réacteurs de la centrale de Fukushima Daiichi (N°1), située à 250 kilomètres au nord-est de Tokyo, ont été gravement accidentés à cause d'un arrêt de leur système de refroidissement, après le plus puissant séisme jamais enregistré au Japon, survenu le 11 mars, et le tsunami qui a suivi.
Des travaux de remise en état longs et pénibles : Tokyo Electric Power a reconnu que les opérations visant à refroidir des réacteurs de la centrale accidentée de Fukushima à l'aide de canons à eau et à rétablir l'alimentation électrique pourraient encore durer au moins un mois.
Dans le même temps, les rejets radioactifs suscitent toujours l'inquiétude au Japon et dans le reste du monde deux semaines après le séisme et le tsunami. Les six réacteurs de Fukushima Daiichi (Fukushima N°1) ont en effet été en partie submergés le 11 mars par un raz-de-marée de 14 mètres de haut et les systèmes de refroidissement des cuves sont tombés en panne, faisant monter la température des barres de combustible dont certaines ont commencé à entrer en fusion et à émettre des fumées radioactives.
Trop d'ouvriers irradiés : rappelons que jeudi, deux des trois ouvriers irradiés avaient été hospitalisés. "Nous en sommes encore à évaluer les dégâts sur la centrale et nous ne pouvons par fixer une date à laquelle les équipements de refroidissement vont fonctionner. Cela pourrait prendre encore plus d'un mois, qui sait" a déclaré un porte-parole de la société.
Alors que des ouvriers oeuvrent pour remettre en marche les pompes de refroidissement, des fuites radioactives continuent de s'échapper périodiquement des quatre réacteurs les plus gravement endommagés. D'ailleurs, l'Agence japonaise de sûreté nucléaire a annoncé qu'elle n'écartait pas la possibilité de relever à 6 le niveau de l'accident de Fukushima, actuellement fixé à 5, sur une échelle allant de 0 à 7.
Des mesures pour mieux protéger les ouvriers sur place : selon l'Agence japonaise de sûreté nucléaire, Tepco n'aurait pas pris les mesures nécessaires pour protéger ses techniciens qui luttent au côté de centaines de pompiers et soldats pour éviter une catastrophe nucléaire.
Un porte-parole de l'Agence a expliqué que : "des substances radioactives ont fui du réacteur 3, qui pourrait avoir été endommagé".
Trois ouvriers, chaussés seulement de bottines en caoutchouc, ont été contaminés jeudi par une flaque d'eau très fortement radioactive lors d'une intervention dans la turbine située derrière le réacteur 3. Cette flaque contenait de l'iode, du césium et du cobalt à des taux 10.000 fois plus élevés que la normale. Ils ont été exposés à des radiations supérieures à 100 millisieverts et qui ont pu atteindre 180 millisieverts. Deux ont dû être hospitalisés avec des brûlures aux pieds. Depuis le 11 mars, 17 ouvriers ont été exposés à des radiations supérieures à la limite autorisée.
Ces fuites radioactives nourrissent la peur d'une contamination de la chaîne alimentaire et de l'eau dans la région de Tokyo, où vivent 35 millions de personnes, et même à l'étranger.
Des aliments irradiés : La vente de certains légumes verts et de lait cru dans au moins quatre préfectures autour de la centrale a été interdite, tandis que l'eau du robinet a été déconseillée pour les enfants en bas âge dans une douzaine de localités autour de la capitale.
Le ministère de la Santé a également renforcé les contrôles sur les poissons et mollusques pêchés au large de la centrale.
Importations interdites ou restreintes : après les Etats-Unis, l'Australie, le Canada, la Russie, la Chine, Hong Kong, Singapour, Taïwan et d‘autres pays asiatiques, les 27 pays de l'Union Européenne ont décrété des contrôles sur les produits frais en provenance du nord-est du Japon.
La Chine a interdit vendredi l'importation des légumes, de fruits et de produits de l'aquaculture provenant des préfectures de Fukushima, de Tochigi, de Gunma, d'Ibaraki et de Chiba. L'Administration chargée de la sécurité des produits alimentaires demande aux autorités locales de renforcer leurs contrôles de radioactivité sur les autres produits venant de ces régions, ainsi que sur l'ensemble des produits japonais.
La Corée du Sud a interdit vendredi (25 mars) les importations de certains produits alimentaires provenant de zones proches de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima au Japon, en raison de craintes de contamination radioactive. L'embargo qui prend effet immédiatement concerne des légumes, dont les épinards, les choux, les navets, les brocolis et le persil, ainsi que le lait, de quatre préfectures dont celle de Fukushima, a indiqué le bureau du Premier ministre.
Taïwan a aussi interdit les importations de produits alimentaires provenant de cinq préfectures du Japon, situées aux environs de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima en raison de craintes de contamination radioactive.
L'interdiction, avec effet immédiat, concerne les produits alimentaires provenant de la préfecture de Fukushima et de quatre préfectures environnantes, a déclaré Wang Jet-chau, un porte-parole du ministère de la Santé.
Au cours des derniers jours, des traces radioactives ont été détectées sur des fèves et des palourdes importées du Japon à Taïwan.
Le nombre de morts et de disparus augmentent toujours : dans le nord-est du pays, où le froid persiste avec parfois encore des chutes de neige, les sauveteurs continuent d'inhumer des centaines de corps. Dans son bilan publié vendredi à 03h00 (heure de Paris), la police a indiqué que 10.035 morts avaient été confirmées et que 17.443 personnes étaient portées disparues. Le nombre de blessés s'établit à 2.775.