Le groupe BP, exploitant de la plateforme de forage off shore "Deep water" dont l'explosion a provoqué une terrible marée noire dans le golfe du Mexique en avril dernier, vient de rendre publique les résultats d'une enquête interne sur les causes de la catastrophe.
Ainsi, selon le groupe pétrolier : "une cause unique n'est pas à l'origine de la tragédie du puits Macondo. C'est plutôt une série d'erreurs impliquant plusieurs parties qui a conduit à l'explosion et à l'incendie ayant provoqué la mort de 11 personnes et une pollution majeure". Et d'ajouter : les décisions "prises par plusieurs compagnies et équipes de travail" sont en cause, impliquant de nombreux facteurs humains et techniques.
BP relativise ses erreurs
La compagnie britannique se reproche d'avoir "accepté de manière incorrecte" les tests de pression qui avaient été effectués sur le puits, mais souligne que le groupe Transocean a commis la même négligence.
La plateforme exploitée par BP appartenait à ce groupe, leader mondial du forage pétrolier en haute mer, dont le siège est en Suisse.
BP met aussi nommément en cause la société américaine de services pétroliers Halliburton, qui a notamment participé à la cimentation initiale du puits, qui s'est avérée défectueuse.
« De nombreuses parties, dont BP, Halliburton et Transocean, étaient impliquées", a souligné le patron de BP Tony Hayward.

Une catastrophe écologique majeure
Une enquête au service de la future stratégie de défense de BP ?
Cette enquête, a été conduite par le chef de la sécurité du groupe. Elle apparaît comme un élément essentiel de la future stratégie de défense de BP face aux poursuites engagées contre la compagnie aux Etats-Unis.
Plusieurs élus américains ont particulièrement ciblé le groupe, l'accusant d'avoir négligé la sécurité pour faire des économies et désactivé par exemple certains systèmes d'alerte sur la plateforme Deepwater Horizon. BP a annoncé la semaine dernière que la marée noire lui avait déjà coûté 8 milliards de dollars, y compris en indemnités aux riverains, mais le groupe a provisionné une somme totale de 32 milliards de dollars dans ses comptes. Selon la presse britannique, il prévoit désormais de vendre pour 40 milliards de dollars d'actifs afin de faire face aux conséquences financières de la catastrophe écologique.