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04 octobre 2009 -
15h08 :
Série noire pour l'Asie du sud-est
[ ENVIRONNEMENT - RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE ]

L'Asie du sud-estUn tsunami, une tempête tropicale, deux typhons, baptisés Ketsana et Parma puis  des séismes. L'Asie a collectionné les catastrophes naturelles, qui ont fait près de 2.000 morts au cours des derniers jours selon un décompte établi dimanche.
Elles ont fait aussi des milliers de sans-abri et ont  provoqué des inondations et dévasté des régions entières.

Une combinaison de plusieurs facteurs ?

Selon certains experts, ces morts et ces dégâts matériels auraient pu être évités si l'Homme n'était pas passé par là : dégâts infligés à l'environnement (comme la déforestation), urbanisme mal contrôlé et corruption.
"C'est une combinaison de facteurs qui peuvent mener au désastre le plus total dans la région" relève Rafael Senga un expert de l'environnement auprès du Fonds mondial pour la nature. "Les effets aggravants que constituent la dégradation de l'environnement, la déforestation et le changement climatique sont considérables" a-t-il ajouté.

Des populations et infrastructures fragilisées

Le taux d'urbanisation élevé en Asie a eu pour effet de pousser des populations dans des zones géographiques fréquemment touchées par des désastres" relève le Centre de préparation aux catastrophes en Asie, basé à Bangkok. "Il en résulte une vulnérabilité des populations et des infrastructures".

A Manille, le désastre était-il prévisible ?

Dans le cas de la mégapole philippine, un tel désastre était prévisible dans des zones surpeuplées où un vrai système d'écoulement des eaux fait cruellement défaut. Les habitants du village de Marikina (est de Manille) ont indiqué que les flots avaient été grossis par des sols charriés depuis des collines voisines où les arbres venaient d'être abattus. "Nous avons été inondés non par de l'eau mais par de la boue" a déclaré Joanna Remo médecin-chef au centre médical de Marikina.

Les chiffres inquiétants de la Banque asiatique de Développement

D'ici 2030, 5 milliards de personnes vivront dans des zones urbaines, contre 3,3 milliards en 2008, selon les chiffres de la Banque asiatique de Développement. Le nombre de villes avec des populations de plus d'un million chacune devrait bondir à plus de 500, contre seulement 11 au début du siècle dernier, selon des données de l'ONU. Or, plus de la moitié de ces villes  seront en Asie.

Retour sur une semaine noire pour l'Asie

Le 26 septembre, une tempête tropicale a d'abord balayé la capitale des Philippines, Manille et ses environs avant de poursuivre sa course meurtrière et dévastatrice. La tempête prénommée Ketsana est devenue ensuite un typhon qui a également ravagé le Vietnam, le Cambodge et le Laos. Au total, Ketsana a fait des centaines de morts.

Mercredi (30 septembre), un fort tremblement de terre de magnitude 7,9, ressenti au large des îles Samoa (Pacifique sud), a déclenché un tsunami qui a fait des dizaines de morts.
Des villages côtiers et des hôtels ont été dévastés par des murs d'eau de près de huit mètres, qui se sont abattus sur cet archipel, composé de l'Etat indépendant des Samoa et des Samoa américaines. Le tsunami a également frappé l'archipel voisin des Tonga. 
 
indonésie sumatra padang séismeToujours mercredi, un tremblement de terre a ravagé Padang, situé sur l'île indonésienne de Sumatra. Quelques heures plus tard, la terre a à nouveau tremblé avec un séisme de magnitude 6,8 localisé à environ 150 km au sud de Padang.

Il y a des dizaines de morts et des dégâts matériels très importants. Là encore, la surprise n'est pas totale ! Padang est situé sur une zone à forts risques sismiques. Les scientifiques mettaient en garde depuis plusieurs années sur le risque d'un séisme majeur dans cette région. Très peuplé, Padang abrite des bâtiments de piètre qualité.

L'Asie habituée aux catastrophes naturelles

Ces pays sont régulièrement touchés par des catastrophes naturelles qui s'annoncent plus régulières mais aussi plus violentes en raison du... réchauffement climatique selon certains experts. Pourtant ces pays ne se sont guère exprimés face aux pays riches et aux géants chinois et indiens, dans les négociations entamées il y a deux ans et qui ont repris en début de semaine à Bangkok alors que le sommet de Copenhague se profile à l'horizon. 

Yvo de BoerLes premiers concernés par le réchauffement du climat

Les pays du sud-est asiatique "sont ceux qui seront confrontés aux conséquences des changements climatiques si nous n'obtenons pas un accord à Copenhague" souligne Yvo de Boer, le plus haut responsable du climat aux Nations unies.
"Les villes côtières (...) sont susceptibles d'être touchées par l'augmentation du niveau de la mer, les typhons, les inondations et les changements de comportements climatiques" ajoute-t-il. 

Le typhon KetsanaLes choses susceptibles de changer grâce à des initiatives isolées

L'Indonésie vient d'indiquer que le président Susilo Bambang Yudhoyono prévoyait une réduction de 26% des émissions carboniques d'ici 2020. Le pays est le troisième émetteur de gaz carbonique dans le monde, selon des experts. 
Le Vietnam, où le typhon Ketsana a fait des dizaines de victimes, a commencé à dégager des fonds pour lutter contre les conséquences des changements climatiques. 
Singapour, très exposée en cas d'augmentation du niveau de la mer, vient de mettre en place une commission pour définir comment la ville-Etat pourrait se protéger, selon un porte-parole du ministère de l'Environnement et de l'Eau.

En 2007, 75% des personnes tuées à la suite de calamités naturelles l'ont été en Asie, selon l'ONG World Vision.


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