Les chefs d'Etat et de gouvernement des huit pays les plus industrialisés (G8) étaient réunis du 7 au 9 juillet à Toyako sur l'île d'Hokkaido (Japon) pour parler des problèmes économiques, du développement de l'Afrique mais aussi du réchauffement climatique. Les pays du G8 sont les suivants : Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon et Russie. Les huit avaient invité la Chine, l'Inde, le Mexique, l'Afrique du Sud, le Brésil, la Corée du Sud, l'Australie et l'Indonésie pour parler de l'environnement et de la lutte contre le réchauffement climatique...

...Le réchauffement climatique ! Pour certains experts du climat, ce phénomène est une menace à prendre au sérieux. Les dernières données avancées par les experts du climat sont très pessimistes surtout pour le continent africain qui devrait être durement touché si le réchauffement climatique se confirmait.
Un grand pas en avant ? Tous les pays, y compris le Canada et les Etats-Unis, se sont dits prêts à adopter l'objectif assez contraignant de réduction d'au moins 50 % des émissions de gaz à effet de serre. L'an passé à Heiligendamm en Allemagne, le G8 s'était contenté d'envisager sérieusement une réduction de moitié des émissions polluantes d'ici le milieu du siècle mais aucun chiffre n'avait été avancé. Un petit hic ? Le G8 n'a pas fixé d'objectifs intermédiaires à 2050. Le président de la commission européenne José Manuel Barroso a cependant indiqué : "Cet accord garde le monde sur les rails pour un accord mondial en 2009 lors de la conférence climat de l'ONU à Copenhague". Le G8 a également reconnu qu'il revenait aux économies développées de jouer le principal rôle dans la lutte contre le réchauffement. Selon le G8, ces objectifs devront cependant être définis pays par pays. Une faveur faite aux Etats-Unis ?
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a déclaré : "Cet accord constitue un pas en avant évident. Mais nous devons aller plus loin". Les Etats-Unis avaient toujours refusé d'adhérer au protocole de Kyoto entré en vigueur en 2005 car il imposait trop de contraintes chiffrées aux pays industrialisés.

De son côté, la chancelière allemande, Angela Merkel, a indiqué mardi : "Désormais, le monde ne pourra plus échapper à ses obligations. C'est une avancée significative par rapport au précédent sommet".
Les ONG ont réagi assez violemment en dénonçant le manque d'objectifs chiffrés et l'absence de prise de responsabilités. WWF a critiqué le "manque d'engagement" des leaders des huit nations sur des objectifs à moyen terme de réduction des émissions polluantes. WWF juge que "l'engagement sur une division par deux à l'horizon 2050 est insuffisant". Kim Carstensen, directeur du programme climatique mondial du WWF, était lui aussi très déçu : "C'est toujours la même impasse. Etant donné le manque de volonté à progresser, surtout de la part des Etats-Unis, il n'a pas été possible de sortir de là". Oxfam a déclaré : "A ce rythme, le monde sera cuit en 2050. Enfin Daniel Mittler, expert de Greenpeace International a fait un triste constat : "Le monde n'a rien obtenu d'autre qu'un langage fleuri qui n'empêchera pas le chaos climatique. La vision du G8 pour 2050 est cauchemardesque, à moins de mettre un terme immédiat à la dépendance mondiale vis-à-vis des énergies fossiles. Mais un pétrolier du Texas (George W. Bush) a empêché d'agir de façon décisive".
Le Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat (Giec) recommandait que les pays industrialisés réduisent leurs émissions polluantes de 60 à 85 % d'ici 2050 avec une première étape autour de -25 à 40 % d'ici 2020. Selon le GIEC, le changement climatique est sans équivoque et la température moyenne mondiale a augmenté de +0,74°C en 100 ans et pourrait poursuivre son ascension de +1,8 % à 4 % d'ici à 2100 par rapport à la fin du 20ème siècle.
Pour certains, la position des pays émergents est déterminante. Les pays du G8 émettent 40 % des émissions polluantes, qui seraient notamment responsables du réchauffement climatique. La Chine et l'Inde, grosses consommatrices de charbon, en produisent à ce jour 25 %.
Sept pays africains étaient invités lundi à ce sommet : l'Afrique du Sud, l'Algérie, l'Ethiopie, le Ghana, le Nigéria, le Sénégal, la Tanzanie... Lors de la première journée, les représentants de ces pays africains ont pressé les dirigeants des grandes nations dites développées de tenir leurs promesses à l'égard de ce continent. Les pays du G8 s'étaient engagés il y a trois ans à Gleneagles (Ecosse) à doubler à l'horizon 2010 leur aide annuelle accordée à l'Afrique par rapport à son niveau de 2004. A ce jour, 20 % des engagements pris en 2005 auraient été tenus. Les pays du G8 n'ont pas annoncé de nouvelle aide financière au bénéfice des plus pauvres. Concernant le pétrole, le G8 a simplement réclamé une adéquation de la production à la consommation mondiale.
Sur les biocarburants, le G8 a indiqué qu'il s'assurerait de "la compatibilité des politiques de production et d'utilisation des biocarburants avec la sécurité alimentaire". Autrefois, les biocarburants étaient perçus comme un moyen de lutter contre le réchauffement climatique en diminuant l'utilisation des carburants fossiles. Aujourd'hui, ils seraient responsables de la flambée des prix de la nourriture. Les ONG ont une nouvelle fois dénoncé l'engouement pour les carburants d'origine végétales car ils ne résolvent ni la crise alimentaire, ni la crise climatique car la déforestation favorise le réchauffement climatique. La pauvreté en Afrique est aggravée par les crises alimentaires et pétrolières mais aussi par le réchauffement climatique.
Le sommet du G8 n'est pas l'hôpital qui se moque de la charité puisque les organisateurs ont été soucieux de leur environnement : climatisation à la neige, véhicules électriques et toilettes économes. La neige, stockée dans une fosse, assure une circulation d'air frais à l'intérieur du centre de presse qui accueille 5.000 journalistes. Fondue en eau fraîche, elle est aussi injectée dans les climatiseurs. Le centre de presse utilise 95 % de matériaux réutilisables ou recyclables. Sur cette île, la neige, la glace mais aussi l'énergie thermique dégagée par les sources d'eau chaude font partie du patrimoine énergétique. La neige permet aussi de conserver dans des silos frais la production agricole comme les fruits, les légumes ou le riz.
Grâce à la neige, la ventilation naturelle, la végétalisation des murs et du toit et l'installation de panneaux photovoltaïques sur la façade, le bâtiment réduit de 40 % ses émissions de dioxyde de carbone, l'un des principaux gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique. Les toilettes vertes vont économiser 31 % d'eau soit l'équivalent de quinze bouteilles d'eau par jour pour une famille de quatre personnes. Les navettes d'un site à l'autre sont assurées par des bus roulant au gaz naturel ou sur piles à combustible. Les constructeurs nippons ont également décidé de faire découvrir aux différentes délégations leurs prototypes de voitures électriques, capables de recharger leurs batteries au garage ou en roulant.