Le président de la République, Nicolas Sarkozy, a présenté les détails de cette contribution climat-énergie, qui selon toute vraisemblance entrera en vigueur à partir du 1er janvier 2010. Elle sera "progressive" et sera fixée "au départ" sur la base de 17 euros la tonne de CO2, aussi bien pour les ménages que pour les entreprises. Ces dernières dispositions ont fait réagir !
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Voici les dernières réactions :
Nicolas Hulot a estimé vendredi (11 septembre) que la mise en place d'une taxe carbone à partir de 2010 est un "pas très positif", "très important".
"C'est un pas inédit dans ce grand chantier du basculement des régulations que nous appelons de nos voeux depuis longtemps, et notamment de la fiscalité du travail sur la fiscalité énergétique et environnementale".
Prudence et vigilance sur les modalités
Il a également souligné qu'il faudrait rester "prudent et vigilant" sur les modalités qui seront abordées lors du débat parlementaire. "Ce qui est important, c'est que le coup est parti avec un certain nombre de principes qui nous étaient chers: la progressivité, les compensations, l'équité sociale".
La vice-présidente Corinne Lepage juge "anormal que l'électricité ne soit pas concernée". "Il s'agit encore d'une déviance de la politique française du tout nucléaire".
Elle a aussi déploré le "montant nettement insuffisant" de la taxe carbone. Selon elle, il ne permettrait pas d'"infléchir quoi que ce soit en matière d'habitude des Français vis-à-vis des énergies fossiles".
Nicolas Paulissen, délégué général adjoint de la Fédération nationale des transports routiers, a également réagi : "300 millions d'euros vont être prélevés à partir de 2010 sur notre secteur".
"Le président de la République a annoncé que des consultations seraient menées avec des secteurs qu'il a jugés vulnérables eu égard à leur dépendance au carburant", dont les transporteurs routiers.
"Cela étant, nous restons très prudents sur cette question des compensations parce qu'il y a deux questions difficiles auxquelles il faut répondre : c'est combien et comment".
Le président de la Fédération des entreprises de transport et logistique de France, Philippe Grillot, a déclaré : "Nous souhaitons faire partie de la commission ad hoc pour pouvoir déterminer les conditions de la compensation et de la répercussion".
"La répercussion paraît indispensable", mais "encore faut-il pouvoir répercuter" la taxe carbone. "Le monde du transport va contribuer à hauteur de 1,1 milliard d'euros" à la taxe carbone, dont 320 à 330 millions pour les poids lourds. "Dans les professions sensibles, on veut des compensations".
Le ministre du Développement durable Jean-Louis Borloo, a affirmé que la mise en place de la taxe carbone devait permettre aux Français de se préparer à l'après-pétrole :
"L'après-pétrole, ça va exister, l'explosion des prix du pétrole, ça va exister, le coût de la pollution devient insupportable, le changement climatique est insupportable : nous devons nous y préparer".
Le ministre a affirmé qu'il "comprenait très bien les inquiétudes" que cette mesure pouvait susciter, mais il a souligné que "même si c'est difficile, c'est notre responsabilité de ne pas laisser la facture à nos enfants".
Le Premier ministre François Fillon a précisé que le montant de la taxe carbone évoluerait "chaque année".
"Ce qui est important, c'est que le prix soit bas, que l'entrée soit basse. Et ensuite on va faire évoluer ce prix chaque année".
Le numéro 2 de la CFDT, Marcel Grignard, a qualifié vendredi de "premier pas important" pour la sauvegarde de la planète l'instauration dès 2010 d'une taxe carbone, tout en réclamant "des compensations complémentaires pour une équité globale". Pour la CFDT, "le principe d'un remboursement forfaitaire avec baisse ou crédit d'impôt va dans le sens" d'une taxe "socialement équitable".
"Il devra s'accompagner d'une réforme profonde de la fiscalité incluant la suppression du bouclier fiscal".
Il a également ajouté : "il faudra des compensations complémentaires pour une équité globale prenant en compte les contraintes particulières (isolement géographique, horaires atypiques...)". La CFDT estime enfin que "ce sont les modalités (critères, rythmes, niveaux) de progression" de la taxe carbone "qui en feront soit un véritable outil partagé de changement de société, soit une annonce à la portée trop limitée".