De nouvelles réactions politiques sont arrivées à la suite des annonces de Nicolas Sarkozy sur la taxe carbone :
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L'ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard estime que la création de la taxe carbone était une "bonne nouvelle". Le dispositif retenu comporte des "imperfections" et le niveau de départ est "insuffisant". "On est dans un chantier" a-t-il ajouté, soulignant l'importance de la progressivité de cette taxe carbone dans le temps. "Chaque année, on aura le choix d'être sérieux ou de renoncer à l'efficacité" a-t-il estimé.
Le groupe Nouveau Centre se dit "globalement satisfait" et sera "attentif lors du débat parlementaire sur les conditions d'application concrète de la mise en oeuvre de la taxe carbone et demandera une évaluation annuelle du dispositif qui pour être compris, doit être simple et adapté aux contraintes et aux réalités territoriales".

Bertrand Delanoë, maire PS de Paris déclare : "Le président de la République a probablement gâché l'occasion historique qu'offrait la création d'une taxe carbone pour remettre totalement à plat notre système fiscal". "C'est l'efficacité même de l'impact écologique de cette taxe carbone dont on peut légitimement douter".
Michel Sapin, secrétaire national du PS à l'économie souligne : "Le gouvernement a pris cette nouvelle taxe comme une opportunité de boucher au moins un petit morceau du trou budgétaire". "On utilise comme outil de redistribution un outil particulièrement injuste en France qui est celui de l'impôt sur le revenu (...)
L'Association des maires de France dit : "Alors que les particuliers verront leur nouvelle charge compensée par une baisse ou un crédit d'impôt, et que les entreprises bénéficieront de la suppression d'une grande part de la taxe professionnelle, les collectivités locales ne devront pas subir à la fois une baisse à terme de leurs ressources et une augmentation de leurs charges".
Najat Belkacem, porte-parole de Ségolène Royal déclare : "La taxe carbone est bien un impôt nouveau". L'arbitrage de M. Sarkozy constitue un "aveu d'échec" et la "promesse d'un échec plus grave encore : celui d'une réforme fiscale en forme d'improvisation permanente, inspirée et guidée par le seul opportunisme politique des circonstances au fil du mandat".
Jean-Paul Huchon, président PS du Conseil régional d'Ile-de-France, dénonce "une belle idée gâchée" par un "dispositif insuffisamment incitatif pour faire changer les comportements et des mesures de redistribution inéquitables et trop complexes" et demande au gouvernement de "revoir sa copie".
Dominique Voynet, sénatrice-maire Verts de Montreuil souligne : "L'absence de critères de revenus dans la compensation de la taxe carbone" et la "très faible ambition écologique de cette vraie-fausse taxe carbone", montrent encore une fois comment gouverne Nicolas Sarkozy : des mots, des grands gestes, et finalement bien peu d'action".
Noël Mamère, député Verts de Gironde, dénonce une "réforme en trompe l'oeil qui va toujours vantager les mêmes, notamment sur les mécanismes de compensation". "Les industries lourdes sont les grandes gagnantes de cette affaire". Les mesures, "anecdotiques et électoralistes", ne sont "pas à la hauteur de l'enjeu" du dérèglement climatique.
Yves Cochet, député Verts de Paris, dénonce "la trahison d'une bonne idée". "La taxe carbone proposée n'a pas une assiette assez large", car "elle n'inclut pas l'électricité" et "contribue par là à intensifier le recours au chauffage électrique".
Martine Billard, députée "écologiste" de Paris, déplore que les "premiers bénéficiaires" de la taxe carbone soient "le nucléaire et le transport routier".
Jean-Marie Le Pen (président du Front national) explique : "On n'aura jamais entendu autant de baratin sur une nouvelle taxe. On en reste pantois, qu'il s'agisse de sa justification, qui repose sur un dogme pseudo-scientifique, ou de son fonctionnement, qui en fait la plus belle usine à gaz de l'histoire (mais à gaz non carbonique...).
Le Medef déclare : "il est du devoir des entreprises d'agir. Mais faute d'une compensation de la taxe carbone, les entreprises supporteront plus de 2 milliards d'euros de prélèvements obligatoires nouveaux. Une fiscalité écologique ne sera pertinente que si elle incite à de nouveaux comportements sans rechercher un rendement budgétaire".
La Confédération générale des petites et moyennes entreprises avoue : "la taxe carbone est un nouvel impôt qui pèsera sur la compétitivité des entreprises, à l'intérieur comme à l'extérieur de l'Europe. Il est donc impératif de parvenir rapidement à la mise en place d'une taxe carbone européenne sur les produits importés".
La Fédération nationale des associations d'usagers des transports estime que : "la taxe ne va pas être efficace. 17 euros par tonne de CO2 c'est faible. Il est aussi regrettable que l'ensemble des ménages, et pas seulement les plus modestes, bénéficient de baisses d'impôts pour compenser cette taxe. Cet impôt devrait être utilisé pour développer des transports collectifs et aider les Français à mieux isoler leur logement.
L'Union professionnelle artisanale déclare "Il est regrettable de pénaliser les entreprises consommatrices de carburants alors qu'elles ne disposent pas de solutions alternatives" et "il n'est pas du tout démontré que la contribution payée par chaque entreprise sera compensée par la suppression à venir de la taxe professionnelle".
La CGT déclare : "En réalité, il s'agit d'un nouvel impôt appelé à croître rapidement dans les années à venir. Les modalités de mise en oeuvre aboutiront à "une taxe injuste et inefficace", alors qu'il faudrait miser prioritairement sur "l'amélioration de l'efficacité énergétique desbâtiments, le développement ambitieux des transports en commun et des mesures drastiques de réduction des émissions de CO2 des véhicules".
Jean-François Copé, chef de file des députés UMP, s'est félicité "de l'arbitrage du président de la République sur la taxe carbone" : "Le groupe UMP de l'Assemblée nationale est heureux que le caractère incitatif de la fiscalité verte soit ainsi conservé". Il se réjouit que le président ait arbitré en faveur d'une compensation supplémentaire pour "les Français qui vivent en zone rurale et qui n'ont pas d'autres choix que la voiture". Il estime que c'est "la preuve que la droite fait beaucoup plus pour l'environnement qu'aucun gouvernement de gauche".