La énième tentative de BP semble fonctionner. L'entonnoir installé pour capter le pétrole qui s'écoule de la plateforme pétrolière «Deepwater Horizon» qui a pris feu, explosé puis fait naufrage le 22 avril dernier dans le Golfe du Mexique, a en effet commencé à porter ses fruits, ont déclaré samedi (5 juin) les garde-côtes américains.
Quelque 950.000 litres de pétrole ont été récupérés vendredi et cette quantité pourrait encore augmenter, selon le commandant des garde-côtes Thad Allen.
Jusqu'à présent la fuite est évaluée à plus de 2 millions de litres quotidiens.
Le directeur d'exploitation de BP, Doug Suttles, avait indiqué vendredi : "Je suis assez confiant dans le fait que ça va marcher. Cela ne capturera sans doute pas la totalité du flux (de brut). Mais cela devrait en capturer la grande majorité". Quand sera annoncée la (bonne) nouvelle ? Il a répondu : "Je pense que nous le saurons dans la journée".
Le responsable a précisé que quatre soupapes avaient été mises en place pour éviter que des cristaux ne se forment dans l'entonnoir. Ces quatre soupapes doivent être fermées progressivement dans la journée, ce qui explique que le pétrole continue pour l'instant à s'écouler du puits
Retour sur cette manoeuvre délicate
Les techniciens ont pourtant réussi à couper le conduit à l'origine de la fuite et vont maintenant tenter d'y poser, avec l'aide de robots sous-marins, un entonnoir.
Ce dispositif doit permettre de pomper puis de transférer le flot de pétrole jusqu'à un navire en surface.
Jeudi soir, une vidéo montrait un entonnoir posé sur le conduit sectionné de la tête de puits à environ 1.600 mètres de profondeur. Mais les nappes de pétrole, qui continuent de se déverser dans le golfe du Mexique, compliquait la tâche aux ingénieurs car ils ne peuvent pas s'assurer que l'entonnoir est bien ajusté.
BP a plusieurs cordes à son arc
Tony Hayward a annoncé qu'une autre initiative visant à contenir la fuite était en cours. "Celle-ci utilise le système sous-marin bâti pour le top kill mais à l'envers. Donc au lieu d'injecter des liquides dans le puits, nous allons aspirer le flux de pétrole et de gaz via ce dispositif".
"Ce procédé sera opérationnel d'ici la fin de la semaine prochaine, donc à ce moment là nous aurons deux systèmes pour endiguer la fuite" a-t-il poursuivi. D'autres méthodes devraient être mises en place prochainement et devraient pouvoir résister à d'éventuels ouragans. BP compte ensuite sur la construction de deux puits de secours qui devraient être opérationnels à la mi-août, pour stopper définitivement la marée noire.
Nouvelle sortie de M. Obama en Louisiane
Le président Barack Obama est retourné vendredi en Louisiane (sud), pour sa troisième visite dans la région depuis la catastrophe provoqué par l'incendie et l'explosion de la plateforme pétrolière.
Où se trouve la nappe ?
Des traces de pétrole et des boulettes de goudron ont été repérées vendredi (4 juin) sur des plages du nord-ouest de la Floride mais les autorités doivent encore déterminer si ce pétrole provient de la marée noire ou non, a indiqué une responsable locale. Les autorités ont annoncé jeudi que la nappe de pétrole n'était qu'à une dizaine de kilomètres des côtes de Floride.
Le président américain Barack Obama ne décolère pas
"Cette situation me rend furieux parce qu'elle illustre que quelqu'un n'a pas pensé aux conséquences de ses actions. (La pollution) ne met pas seulement en danger quelques personnes. Elle met en danger tout un style de vie et une région tout entière pour ce qui pourrait durer des années".
"Maintenant, BP veut résoudre le problème, parce que ça lui coûte beaucoup d'argent" a observé le président : "j'adorerais passer beaucoup de temps à tempêter et à hurler sur les gens. Mais ce n'est pas pour cela que j'ai été embauché. Mon travail est de résoudre ce problème, et en fin de compte ce n'est pas de moi ou de la colère que j'éprouve qu'il s'agit".
"Il s'agit des gens qui vivent dans le Golfe et qui subissent (la catastrophe) et ce que je fais pour m'assurer qu'ils peuvent sauvegarder leur mode de vie. Et cela va être ma principale préoccupation dans les semaines et les mois à venir" a-t-il juré.
Le gouvernement américain a présenté une première facture de 69 millions de dollars au groupe pétrolier britannique "pour rembourser les contribuables" conformément à la loi américaine pollueur-payeur.