Logo du site ushuaia, la terre et nous
17 juillet 2008 -
18h55 :
Les sites nucléaires dans l'oeil du cyclone ?
[ ENVIRONNEMENT ]
bord gauche

Tricastin : Borloo veut plus de transparence

bord droit
Jeudi 17 juillet 2008 : une semaine après la fuite accidentelle survenue sur le site nucléaire de Tricastin, la présence dans la nappe proche de Tricastin de points de concentration en uranium reste inexpliquée. Quant à la présence d'anciens déchets militaires, elle laisse planer de nombreux doutes. Toujours est-il que les mesures de précaution limitant l'usage de l'eau dans la région étaient toujours maintenues jeudi dans la soirée. Les habitants ne peuvent pas consommer l'eau, arroser, pêcher ou encore se baigner. Une chose est certaine, ce simple incident de niveau 1 sur une échelle qui va de 0 à 8, provoque un beau désordre dans le monde très controversé du nucléaire.

Jean-Louis BorlooLe ministre de l'écologie, Jean-Louis Borloo, est monté au créneau. Dans une interview accordée au quotidien "Le Parisien", il a indiqué "qu'il fallait vérifier toutes les nappes phréatiques situées autour de toutes les centrales nucléaires de France".
Bien entendu, cette mesure fait suite à l'incident qui s'est produit la semaine dernière sur le site nucléaire de Tricastin :"Il faut faire un état des lieux et j'attends du Haut-Comité une analyse. Le Haut-Comité a déjà entendu l'industriel, l'Autorité de Sûreté nucléaire, l'Institut de radioprotection et de Sûreté nucléaire et les préfets en charge du dossier. Je veux une totale transparence sur ce dossier". Je ne veux pas que les gens aient le sentiment que l'on cache la moindre chose" a rejouté Jean-Louis Borloo.

Il ne s'agit pas d'un incident nucléaire mais d'un dysfonctionnement au niveau de l'entretien de la centrale mais Jean-Louis Borloo a rappelé : "Lorsqu'on travaille dans le domaine du nucléaire, aucune négligence ne peut exister. Et la transparence doit être transparence".

Vendredi 17 juillet 2008 à 18h15 : le groupe nucléaire Areva va nommer un nouveau directeur général de l'usine Socatri à la suite de l'incident survenu dans cet établissement. Le nom du nouveau dirigeant n'est pas encore connu. Areva a admis des dysfonctionnements après une enquête interne : "Cette enquête a fait apparaître un manque de coordination évident entre les équipes en charge des travaux et celles responsables de l'exploitation qui est à l'origine de cet incident. L'erreur de l'exploitant est aussi d'avoir attendu les résultats des mesures complémentaires pour prévenir les autorités, près de trois heures plus tard. Les équipes de Socatri comprennent l'émotion et les inquiétudes suscitées par l'incident et regrettent qu'elles aient clairement sous-estimé cette dimension".

Vendredi 17 juillet 2008 à 18h15 : l'adjoint aux finances de la mairie de Bollène, une des communes où Tricastin est installé, Yves Beck, a déclaré : On a été traités en sous-citoyens. L'incident et sa gestion par les autorités ont été inacceptables. Il y a un préjudice, on ne peut pas le quantifier mais il est de différents ordres : un préjudice sanitaire et matériel pour les riverains.

Sortir du nucléaire
Vendredi 17 juillet à 12h30 : Le réseau "Sortir du nucléaire" s'est félicité de cette décision mais car il y a souvent un mais : "De nombreux autres sites doivent faire aussi l'objet de mesures similaires. Au delà des 19 centrales nucléaires EDF, la France est parsemée de sites nucléaires exploités. Pour que les résultats ne puissent souffrir d'aucun soupçon, ces prélèvements doivent être faits par des organismes indépendants n'ayant aucun lien avec les industriels du nucléaire, ni avec l'Etat français".
Greenpeace

L'organisation Greenpeace soutient cette initiative mais elle doit être élargie à tous les sites nucléaires : sites de traitement des matières, anciennes mines d'uranium, sites militaires et centres de stockage des déchets. Dans un communiqué, Greenpeace a cependant déclaré : "De manière générale, Greenpeace s'étonne de cette soudaine et tardive préoccupation au sujet des problèmes de pollution posés par le nucléaire".

Site nucléaire de TricastinAux dernières nouvelles, le rejet accidentel des 74 kilogrammes d'uranium par l'usine de traitement de déchets Socatri, filiale d'Areva, n'aurait laissé aucune pollution dans les cours d'eau et les nappes phréatiques. Dans les cours d'eau proches du site nucléaire, la concentration maximale d'uranium est retombée à trois ou quatre microgrammes par litre contre 90 le 8 juillet dernier. Dans les nappes phréatiques, les taux sont généralement inférieurs à quinze microgrammes par litre, seuil de potabilité fixé par l'Organisation mondiale de la santé.

L'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire a repéré dans la nappe quatre points de concentration en uranium anormalement élevés et fluctuants qui ne peuvent pas s'expliquer par l'incident de la Socatri et qui suscitent par conséquent des interrogations. Cet institut a ensuite affirmé que les produits des jardins potagers et des cultures étaient aptes à la consommation. Selon les prélèvements effectués trois jours après l'incident, l'impact du rejet accidentel sur l'environnement est "faible" et n'a "en conséquence pas d'impact sanitaire".

Pour la Commission de recherche et d'informations indépendantes sur la radioactivité (Criirad), cette pollution est due à la présence dans l'enclave de Tricastin de déchets radioactifs d'origine militaire. Ces déchets polluants ont été enterrés entre 1964 et 1976 sous une butte de terre dans la partie Nord-Est du site.

Mercredi 16 juillet 2008 2008 : Corinne Castagnier, directrice de la Criirad, a déclaré : "On ne dit pas que la seule source de pollution en uranium, c'est ce tertre qui contient des déchets radioactifs sans protection vis-à-vis de la nappe mais c'est une source avérée et certaine de pollution". Elle a aussitôt ajouté : "C'est une pollution qui a été importante dans le passé mais qui continue lentement mais sûrement aujourd'hui et il faut y mettre un terme dans les meilleurs délais"

Autorité de sûreté nucléaire de défenseMercredi 16 juillet 2008 : la réponse de l'Autorité de sûreté nucléaire de défense ne s'est pas faite attendre. Alain Girard, son directeur, a déclaré : "Ces concentrations en uranium inexpliquées sont sans rapport avec l'existence d'une ancienne usine militaire. Cette butte est connue et surveillée. Ce qui a été observé à un ou deux kilomètres au Sud n'a rien à voir avec cette butte de déchets". Des doutes subsistent toutefois. Un rapport du Haut-Commissariat à l'Energie atomique avait indiqué que cette butte avait bien engendré une pollution de la nappe mais qu'elle avait été traitée par pompage de 1980 à 1998. Une étude d'impact a ensuite conclu à l'absence de risque sanitaire mais ce tertre est depuis sous surveillance.

La Criirad a donc jeté un pavé dans la mare. De son côté, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire a reconnu que cette pollution pouvait être d'origine ancienne mais l'IRSN ne veut pas établir des relations de cause à effet et  va demander des investigations poussées.

Quoi qu'il en soit, cette concentration anormale d'uranium empoissonne la vie des riverains, qui redoutent des conséquences peut-être graves de cette pollution. Il faut rappeler qu'une étude allemande avait indiqué que le risque pour les enfants de développer une leucémie est 2,2 fois plus élevé lorsque des habitations se trouvent dans un rayon de cinq kilomètres autour d'une centrale nucléaire.


POURSUITES JUDICIAIRES :

Mercredi 16 juillet à 12h45 : l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a transmis au parquet le procès-verbal d'infraction établi suite à l'inspection du site nucléaire.

LES RECENTES DECLARATIONS : 

Mercredi 16 juillet à 20h00 :
"le Haut comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire a demandé qu'un état détaillé des pollutions de la nappe phréatique du site récemment pollué lui soit présenté". Concernant la fuite accidentelle du 7 juillet dernier, les membres du Haut comité ont conclu à "des défauts de l'installation n'ayant pas fait l'objet d'une attention suffisante de l'exploitant". Le Haut comité recommande par conséquent la poursuite de la surveillance étendue du lieu de l'incident.

Mercredi 16 juillet à 18h10 : Anne Lauvergeon, patronne d'Areva, qui se rendra sur le site vendredi, a annoncé q'un "audit interne et une inspection générale sont en cours" avant d'ajouter : "toutes les conséquences seront tirées par le groupe et d'éventuels manquements pourront être sanctionnés".

Mercredi 16 juillet à 14h40 : la Socatri affirme qu'aucun lien ne peut être établi entre la présence, sur le site de Tricastin, de déchets militaires anciens et l'incident de la semaine passée. Elle déclare également que ces déchets "ne constituent pas un risque sanitaire pour les populations". Cette déclaration intervient alors même qu'un rapport d'experts met l'accent sur une concentration anormale d'uranium à différents points du site, dont l'origine serait antérieure à la fuite.

Le réseau "Sortir du nucléaire" a adressé une lettre au ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, mardi dans l'après-midi : "Nous vous demandons solennellement que soient mis en oeuvre des prélèvements près de tous les sites et centrales nucléaires. La découverte d'uranium autour du site du Tricastin laisse à penser que des rejets radioactifs dans l'environnement ont eu lieu et ont été maintenus secrets, mettant en danger les citoyens". A quelques kilomètres du site nucléaire de Tricastin, la nappe phréatique présente des taux assez élevés d'uranium... Selon les experts, cette pollution ne serait pas due à la fuite survenue la semaine dernière dans la station de traitement de la Socatri.

La centrale de Tricastin

Les mesures de protection instaurées près du site nucléaire de Tricastin (Vaucluse) ont été en revanche allégées selon les préfectures de la Drôme et du Vaucluse, qui ont limité le périmètre d'interdiction de l'utilisation d'eau issue d'ouvrages privés à une bande de cent mètres de part et d'autre des rivières La Gaffière et Le Lauzon. Ces rivières desservent les communes vauclusiennes de Bollène, Lapalud, Lamotte-du-Rhône et Mondragon. Le prélèvement et la distribution d'eau pour l'irrigation ou la consommation animale sont interdits sur les rivières ainsi que dans une bande de cent mètres le long des rives. Ces mesures avaient précédemment été mises en place sur un territoire plus vaste. Concernant la pêche, la baignade et les activités nautiques, les restrictions restent inchangées : interdiction jusqu'à nouvel ordre.

Le 7 juillet dernier, un incident de niveau 1 est survenu à l'usine Socatri du Tricastin lors d'une vidange sur une installation de traitement des eaux, en aval de l'usine d'enrichissement. Le rejet involontaire dans l'environnement résulte d'un défaut d'étanchéité d'une cuve de rétention. Cette fuite n'a eu de conséquence "ni sur la santé du personnel et des riverains, ni sur leur environnement" a précisé Areva dans un communiqué. A la suite de cet incident, l'Autorité de sûreté nucléaire a imposé vendredi dernier à la Socatri de suspendre l'activité d'une de ses deux stations de traitement.  
SUR LE MEME SUJET
Ajouter un commentaire
Ajouter un commentaire :
Votre nom :
Votre ville :
Votre e-mail :
Votre réaction :
Vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données qui vous concernent (art. 34 de la loi informatique et liberté du 6 janvier 1978). Pour l'exercer, contactez , 305 avenue le jour se lève, 92656 Boulogne.
logAudience