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20 octobre 2009 -
13h33 :
Un réchauffement sans précédent a bien eu lieu
[ ENVIRONNEMENT - RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE ]

lac de l'île de Baffin Lors d'une analyse effectuée sur des sédiments du lac de l'île de Baffin (Canada), des scientifiques ont prouvé que les changements biologiques et chimiques survenus vers 1950 résultaient d'un réchauffement climatique sans précédent en 200.000 ans. Et la cause de ce bouleversement pourrait être l'espèce humaine.

Le réchauffement dans un des endroits les plus isolés

"Les dernières décennies sont uniques au cours des 200.000 dernières années en termes de changements biologiques et chimiques observés dans les carottes de sédiments" du lac arctique, explique Yarrow Axford, un glaciologue de l'Université du Colorado à Boulder. "Nous observons des indications claires d'un réchauffement dans un des endroits les plus isolés de la Terre à une période au cours de laquelle l'Arctique connaissait un cycle naturel de refroidissement" poursuit-il.

Le cycle de refroidissement du climat modifié par les émissions polluantes

Les changements environnementaux dans ce lac durant le millénaire passé ont été étroitement liés aux causes naturelles de l'évolution climatique, telles que des modifications périodiques et bien comprises de l'orbite terrestre. En revanche, les carottes sédimentaires depuis 1950 montrent que le cycle de refroidissement du climat a été modifié par les émissions de gaz à effet de serre d'origine humaine, écrivent les auteurs de cette étude.

Ces chercheurs ont pu reconstituer le climat sur les 200.000 dernières années et les changements correspondants dans l'environnement en faisant des analyses sur les carottes sédimentaires du lac, qui contenaient notamment des algues, des fossiles d'insectes et des indices géochimiques. Ces carottes, très âgées, permettent de lever le voile sur l'environnement qui prévalait lors de deux précédents cycles de glaciation et trois périodes inter-glaciaires.

La diatomeeDes espèces ont disparu, d'autres se sont multipliées

Les carottes sédimentaires du lac montrent des variétés de moucherons qui vivaient dans des climats très froids dans cette région du lac pendant des milliers d'années. Or, depuis environ 1950, deux des espèces de moucherons adaptées aux plus basses températures ont complètement disparu de cet endroit, expliquent les auteurs.
De plus, une espèce d'algue unicellulaire appelée diatomée, relativement rare dans la région du lac avant le XXe siècle, s'est particulièrement bien développée ces dernières décennies. "Nos résultats montrent que l'empreinte humaine bouleverse des cycles naturels anciens de l'Arctique, même dans les zones les plus isolées" observe John Smol de l'University Queen au Canada.

Une étude parue dans la revue américaine Science en septembre, qui a reconstitué l'évolution des températures dans l'Arctique pendant les 2.000 dernières années à partir des carottes glaciaires, des couches sédimentaires de lacs et des cercles de croissance des arbres, a conclu que le récent réchauffement inversait un cycle naturel de refroidissement de plusieurs millénaires résultant du changement dans l'axe de rotation terrestre.

La Terre est ainsi aujourd'hui près d'un million de kilomètres plus éloignée du soleil durant le solstice d'été dans l'hémisphère nord qu'elle ne l'était à l'époque du Christ, une évolution qui a entraîné un refroidissement de l'Arctique jusqu'à récemment, expliquaient les auteurs de cette étude.
Ces travaux sont parus dans les Annales de l'académie américaine des sciences datées du 19 octobre.


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