Voilà une découverte étonnante sur Encelade, une des lunes de Saturne. Une étude, publiée hier dans la revue Nature, révèle que les gigantesques geysers jaillissant près du pôle sud de ce satellite (de 500 km de diamètre) pourraient provenir... d'un océan d'eau salée sous la glace.
Les scientifiques savaient déjà qu'Encelade, petit satellite de 500 km de diamètre, recelaient deux éléments nécessaires à l'émergence de la vie : des molécules organiques et une source d'énergie grâce à l'effet des marées provoquées par Saturne. Elles entraîneraient des frottements entre les plaques de glace, produisant de la chaleur.
Restait à prouver la présence d'eau sous une forme liquide.
Des signes forts de la présence d'eau liquide
La découverte de traces de sodium, par des chercheurs européens, dans les particules de glace éjectées dans l'espace par les geysers d'Encelade, témoignerait de la présence d'eau liquide sous l'épaisse carapace de glace.
En effet, « le sodium est considéré comme l'indicateur parfait de la présence d'un liquide », expliquent Frank Postberg (Institut Max Planck de physique nucléaire, Heidelberg, Allemagne) et ses collègues, Jürgen Schmidt et Nicolai Brilliantov.
Ces scientifiques tiennent maintenant pour certaine la présence d'eau liquide dans les profondeurs d'Encelade. Les sels (chlorure, carbonate et bicarbonate de sodium) détectés n'auraient pu être expulsés par les geysers que « si leurs panaches proviennent d'eau liquide », expliquent ils, estimant que celle-ci provient d'un « large réservoir ».
L'étendue d'eau souterraine pourrait être aussi riche en chlorure de sodium que les océans sur Terre. Mais le sodium serait présent en trop petite quantité dans les résidus des panaches pour être détectable par spectroscopie (analyse de la lumière) avec des télescopes basés sur Terre, comme le montre une seconde étude, aussi publiée hier dans Nature.
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