Une cinquantaine de pays sont réunis jeudi à Oslo pour lancer un partenariat international contre la déforestation, une source de revenus pour les populations de nombreux Etats mais qui génère près de 20% des émissions de gaz à effet de serre. La rencontre d'Oslo qui fait suite à une première conférence en mars à Paris, devrait annoncer la création d'une banque de données recensant les mesures effectives engagées contre la déforestation, leur financement et leurs résultats. Les pays riches devraient s'engager à fournir de nouvelles aides financières aux pays en voie de développement qui parviennent à limiter la déforestation. "En ces temps de mondialisation des marchés, les forêts valent davantage mortes que vivantes. Nous nous engageons à changer cette équation", a déclaré le Premier ministre norvégien Jens Stoltenberg en ouvrant la conférence. "Il faut que cela rapporte de ne pas abattre les arbres", a-t-il dit.
Selon la Norvège, le montant des aides devrait dépasser 4 milliards de dollars sur la période 2010-2012, une enveloppe qui inclut les 3,5 milliards promis par six pays --Etats-Unis, Norvège, Japon, Royaume-Uni, France et Australie-- au sommet de Copenhague en décembre 2009.

Ici la forêt au Gabon
L'Indonésie agit
"Le succès n'est pas garanti mais nous devons garder le cap", a souligné le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono, co-hôte de la conférence. L'Indonésie qui abrite l'une des plus grandes forêts au monde mais qui affiche aussi l'un des taux de déforestation les plus élevés, a annoncé mercredi un moratoire de deux ans sur les permis de conversion de la forêt et des tourbières en terres cultivées, dans le cadre d'un accord avec Oslo.
Entre 2000 et 2010, la déforestation a entraîné la perte brute (sans compter le reboisement) de 13 millions d'hectares de forêts par an, selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Le rythme ralentit --16 millions d'hectares étaient détruits annuellement dans les années 1990-- mais, sur la décennie, les pertes nettes à l'échelle mondiale restent équivalentes à un territoire de la taille du Costa Rica, selon le FAO.