A Naples (Italie), une nouvelle crise des déchets a vu le jour en raison d'un conflit social. Quatre cents éboueurs, des saisonniers, pourraient en effet perdre leur emploi à partir du 1er novembre prochain.
Cette protestation sociale a été accompagnée d'une manifestation des habitants de Terzignano (sud-est de Naples) qui estiment que la décharge située sur le territoire de leur commune est proche de la saturation.
Le résultat ne s'est pas fait attendre : des centaines de tonnes d'ordures ont envahi vendredi les rues napolitaines.
Les manifestants refusent l'arrivée de déchets mais aussi l'ouverture, prévue par le gouvernement, d'une seconde décharge. "Un groupe important de manifestants s'est opposé pour la troisième nuit d'affilée au passage des camions de déchets qui allaient vers la décharge de Terzignano, mais pour la première fois il y a eu un affrontement physique la nuit dernière entre policiers et manifestants" a déclaré la préfecture de police de Naples. Un officier de police a été légèrement blessé au cours de ces heurts, selon la même source.
Dans les journées précédentes les manifestants s'étaient limités à endommager les véhicules de transport des déchets, "cassant les vitres ou crevant les pneus après avoir fait descendre les chauffeurs" selon la police napolitaine.
Début mars, le Cour de justice de l'Union européenne avait épinglé Rome, accusée de ne toujours pas disposer d'un réseau adéquat pour éliminer les déchets dans la région de Naples, en évoquant des dangers pour la santé et des préjudices à l'environnement.
La Camorra (mafia napolitaine) serait responsable de la situation car elle aurait infiltré le marché rémunérateur de la gestion des déchets depuis plusieurs années.