A Strasbourg, les déchets emballés d'origine agro-alimentaire peuvent désormais être triés et recyclés grâce à une "super trieuse". Une nouvelle machine en service depuis quelques jours dans l'usine Sita de Strasbourg permet en effet de trier ce type de déchets bien spécifiques en séparant d'un côté les emballages et de l'autre les biodéchets.
Les supermarchés, les restaurants ou encore les cantines d'entreprises jettent trop de produits alimentaires périmés encore sous emballage (aliments sous vide, plats préparés, fruits et légumes, pizzas...).
Que représentent les "biodéchets" ?
Ces "biodéchets" représentent 60 % des déchets des supermarchés et 55 % des déchets de la restauration collective par exemple, selon l'Agence pour le développement et la maîtrise de l'énergie. Il n'était pas possible jusqu'à présent de les recycler et ils étaient tout simplement incinérés ou enfouis.
Bertrand Weil, responsable de la filière valorisation chez Sita, explique : "On collecte ces biodéchets emballés auprès des supermarchés par exemple et une fois qu'ils sont passés dans notre machine ils sont séparés en deux catégories : 90% deviendront un substrat estiné à la méthanisation et 10 % partiront en valorisation énergétique.
Des déchets qui produisent de l'électricité
L'usine collecte les déchets de plusieurs supermarchés et un hypermarché de l'agglomération strasbourgeoise, dont 90 % peuvent être réutilisés : ils sont fermentés et le gaz qui s'en échappe, du méthane, servira à produire de l'électricité. Le substrat restant pourra être utilisé comme engrais dans les champs.
La Sita, une filiale de Suez, a investi 1,2 million d'euros pour créer ce "biodéconditionneur de biodéchets emballés".
L'entreprise peut traiter à l'heure actuelle 8.000 tonnes de déchets par an, pour un objectif annuel à terme de 24.000 tonnes.
Pierre-Antoine Villanova, directeur général de Sita Alsace, a déclaré : "Pour les supermarchés, c'est un moyen pour eux de faire de l'environnemental en faisant des économies" a-t-il ajouté.
Selon Sita, une tonne de biodéchets permettra de dégager 75 m3 de méthane, soit l'équivalent de 75 litres de mazout pour produire de l'électricité. "Dans le cadre du Grenelle de l'environnement, les gros producteurs seront obligés de mieux valoriser leurs déchets pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre et favoriser le retour au sol. A ce titre, la Sita a un an et demi d'avance" a noté Pierre Boëdec, de l'Agence pour le développement et la maîtrise de l'énergie.