Les antinucléaires de Greenpeace ont mené lundi leur première opération de l'année contre les transports d'uranium vers la Russie en bloquant par trois fois un convoi ferroviaire affrété par Areva à destination du port de Cherbourg. La cargaison, 480 tonnes d'uranium appauvri et 170 tonnes d'uranium naturel en provenance de Pierrelatte dans la Drôme, devait être chargée à bord du cargo russe Kapitan Kuroptev, livrée à Saint-Petersbourg, puis acheminée vers le centre de traitement de Tomsk ou de Seversk en Sibérie, selon Areva.
© Greenpeace / Pierre Gleizes
Action réaction
Dimanche soir, quatre militants se sont enchaînés sur la voie ferrée à Cherbourg, avant d'être délogés par les forces de l'ordre. Lundi à l'aube, deux autres activistes enchaînés sur les rails à Valognes, à une vingtaine de kilomètres de Cherbourg, sont parvenus à stopper le convoi. Moins de trois heures plus tard, un camion placé en travers des rails à Cherbourg et une banderole proclamant "la Russie n'est pas une poubelle" ont provoqué un deuxième arrêt du train, ce qui a perturbé la circulation ferroviaire locale. Le convoi a ensuite dû effectuer une troisième halte pour que les gendarmes délogent une militante qui avait grimpé à bord du train et s'était enchaînée entre deux conteneurs. L'opération s'est soldée par l'interpellation de 16 militants qui ont été placés en garde à vue, selon Greenpeace qui se félicite d'avoir "réussi à retarder le train" pour focaliser l'attention sur les "déchets nucléaires" et les "exportations illégales" d'Areva. Finalement, la cargaison "est bien arrivée au navire", a déclaré Henri-Jacques Neau, directeur délégué de la branche transport d'Areva, dénonçant les actions "inciviques" de Greenpeace.